L’édition 2026 de Meet Magento France a confirmé une chose : l’e-commerce entre dans une nouvelle phase de maturité.

Pendant longtemps, les sujets structurants étaient relativement bien identifiés : performance web, conversion, paiement, catalogue produit, internationalisation, logistique, acquisition, omnicanalité. Ces leviers restent évidemment essentiels. Mais ils sont désormais traversés par une transformation plus profonde : l’arrivée de l’intelligence artificielle dans les usages clients, les outils internes, les parcours d’achat, les infrastructures commerce et les modes d’organisation.

Le commerce digital ne se limite plus à améliorer un site marchand. Il s’agit désormais de préparer l’entreprise à un environnement où les clients humains ne seront plus les seuls à rechercher, comparer et acheter. Les agents IA, les assistants conversationnels, les moteurs génératifs et les interfaces automatisées vont progressivement modifier la façon dont les marques sont découvertes, évaluées et choisies.

Dans ce contexte, les interventions de Meet Magento France 2026 ont permis d’aborder plusieurs dimensions clés de cette transformation : souveraineté européenne, agentic commerce, structuration de la donnée produit, performance e-commerce, drops internationaux, IA en production, copilotes décisionnels, transformation B2B, searchandising conversationnel et replatforming à grande échelle.

Chaque prise de parole a apporté un éclairage spécifique. Ensemble, elles dessinent les contours d’un commerce plus intelligent, plus connecté, plus exigeant, mais aussi plus stratégique.

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1. Décodez l’avenir : e-commerce, IA et souveraineté européenne

Cécile Vaute , Country Partnerships Lead Southern Europe chez Mollie, a partagé une vision claire des grands enjeux qui redessinent l’e-commerce : l’intelligence artificielle, le commerce agentique et la souveraineté européenne.

🤖 L’IA s’invite déjà dans les parcours d’achat

Le secteur avance vite. Les agents IA commencent déjà à influencer les parcours d’achat, en aidant les consommateurs à comparer les produits, trouver les meilleures offres ou identifier les options disponibles.

Deux modèles se dessinent.

Le premier est le mode copilote, où l’IA accompagne la décision du consommateur. Elle l’aide à clarifier son besoin, comparer plusieurs options et choisir le produit le plus adapté.

Le second est le delegated checkout, où l’agent pourrait aller jusqu’à finaliser l’achat à la place du client. Cette perspective ouvre une transformation beaucoup plus profonde, car elle modifie la nature même du parcours d’achat.

Le client ne navigue plus nécessairement lui-même sur un site marchand : il peut déléguer une partie du processus à un agent intelligent.

🛒 Des consommateurs qui évoluent moins vite que la technologie

Mais cette transformation technologique se heurte à une réalité importante : les habitudes des consommateurs changent lentement.

En France, la carte bancaire reste le moyen de paiement privilégié, et les grands temps forts commerciaux, comme les soldes, continuent d’occuper une place importante dans les comportements d’achat.

Cette tension entre innovation rapide et adoption progressive est un point essentiel. Les marchands doivent préparer les nouveaux usages IA sans abandonner les fondamentaux actuels de l’expérience client.

🇪🇺 La souveraineté européenne devient stratégique

Dans ce contexte, la souveraineté européenne devient un sujet central.

Avec Wero, l’Europe cherche à construire une alternative aux grands réseaux de paiement dominés par des acteurs américains. Soutenue par plusieurs grandes banques européennes, cette solution vise à s’imposer progressivement dans l’e-commerce, mais aussi en magasin.

Pour les marchands, le message est clair : la fragmentation des usages, des marchés et des moyens de paiement va durer.

Il devient donc essentiel de proposer les bons moyens de paiement selon les pays, tout en préparant sa visibilité dans les nouveaux environnements pilotés par l’IA.

🧱 L’infrastructure e-commerce devient un enjeu de direction

L’infrastructure e-commerce n’est plus un simple sujet technique. C’est désormais un enjeu stratégique, qui doit être porté au niveau de la direction.

Les marchands qui sauront garder la maîtrise de leur infrastructure seront les mieux placés pour s’adapter au commerce de demain.

Le principal enseignement de cette intervention est clair : les entreprises doivent se préparer à gérer deux réalités en parallèle. Les parcours traditionnels continueront d’exister, mais les agents IA vont progressivement créer de nouvelles interfaces d’achat.

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2. Adobe Commerce à l’ère de l’Agentic Commerce : de l’IA embarquée aux expériences autonomes

Régis QUINTIN , Head of Adobe Commerce for EMEA, a présenté la vision d’Adobe Commerce face à une nouvelle vague : celle de l’Agentic Commerce, où les agents IA ne se contentent plus d’assister les utilisateurs, mais peuvent aussi interagir avec les plateformes commerce.

🔎 Une nouvelle réalité pour les marques : être visibles auprès des humains et des agents

L’intelligence artificielle transforme déjà les parcours d’achat.

Recherche produit via les LLM, réponses générées par les moteurs de recherche, assistants conversationnels, recommandations contextualisées : les clients n’entrent plus toujours dans l’e-commerce par les mêmes portes.

Ils formulent un besoin, comparent des solutions, demandent conseil, puis arrivent parfois sur un site marchand avec une intention d’achat déjà très avancée.

L’enjeu n’est donc plus seulement de proposer une bonne expérience aux visiteurs humains. Les plateformes e-commerce doivent désormais être capables de répondre à de nouveaux intermédiaires : les LLM, les crawlers IA et les agents autonomes.

🧭 Du SEO au GEO : une nouvelle discipline de visibilité

Pour Adobe, cette évolution impose une transformation profonde des architectures commerce.

Les informations produits doivent être plus structurées, plus accessibles et plus contextualisées. Le SEO reste important, mais une nouvelle discipline s’impose progressivement : le GEO, pour Generative Engine Optimization.

Il s’agit d’optimiser la visibilité des marques et des catalogues dans les réponses générées par l’IA.

Cette mutation représente à la fois une menace et une opportunité. Une menace, car les surfaces IA peuvent s’interposer entre les marques et leurs clients. Une opportunité, car les entreprises capables d’exposer correctement leurs contenus, leurs catalogues et leurs données produit pourront capter une nouvelle source de trafic, souvent plus qualifiée.

☁️ Adobe Commerce as a Cloud Service : limiter la dette technique

Pour répondre à cette évolution, Adobe a accéléré la transformation de son offre commerce autour de deux solutions majeures.

Adobe Commerce as a Cloud Service propose une plateforme SaaS complète, intégrant les fonctionnalités B2C et B2B, des services de merchandising, un catalogue moderne, de la recherche intelligente, des recommandations produits et une architecture pensée pour limiter la dette technique.

Cette solution intègre également des briques Adobe comme AEM Assets, Adobe Firefly et Adobe Express, afin de permettre aux équipes métier de gérer, modifier et publier des assets directement depuis leur environnement commerce.

🧩 Adobe Commerce Optimizer : moderniser sans replatformer

En parallèle, Adobe Commerce Optimizer s’adresse aux entreprises qui ne souhaitent pas nécessairement replatformer.

Cette solution permet de moderniser l’expérience top funnel, d’exposer un catalogue, d’améliorer la recherche, les recommandations et la visibilité auprès des LLM, tout en conservant un backend existant, qu’il s’agisse d’Adobe Commerce, de Magento, d’une autre plateforme ou d’un système maison.

Cette approche répond à un enjeu très concret : permettre aux entreprises de moderniser progressivement leur expérience commerce sans remettre en cause l’ensemble de leur système d’information.

💬 Recherche sémantique, commerce conversationnel et agents IA

L’une des grandes évolutions présentées concerne la recherche produit.

Avec Semantic Search, Adobe Commerce ne se limite plus à une recherche par mots-clés. La recherche devient vectorielle et contextuelle : elle comprend l’intention de l’utilisateur et identifie les produits les plus adaptés à son besoin.

Adobe travaille également à l’intégration de Brand Concierge, un chatbot IA orienté commerce conversationnel, pour permettre aux marques de proposer des expériences plus proches des usages que les consommateurs adoptent déjà avec les LLM.

Autre brique stratégique : les connecteurs et protocoles permettant aux agents IA d’interagir avec la plateforme commerce.

L’objectif est clair : permettre aux marques d’être présentes dans les futures expériences d’achat pilotées par agents, qu’elles aient lieu sur leur propre site ou depuis des environnements tiers.

🧑💼 Des outils IA pour les marchands et les développeurs

L’IA ne transforme pas seulement l’expérience client. Elle change aussi le quotidien des équipes e-commerce.

Adobe travaille sur un Merchant Center destiné à simplifier les opérations, centraliser les tâches et permettre aux équipes métier d’interagir plus facilement avec la plateforme.

La création de pages est également repensée. Adobe explore des interfaces où les équipes peuvent générer des landing pages ou des pages de campagne à partir d’instructions en langage naturel, puis itérer avec l’IA pour ajouter des blocs, des produits ou des contenus de cross-sell.

Côté développeurs, Adobe met en avant des outils d’assessment IA capables d’analyser le code existant, d’identifier les modules inutilisés et d’évaluer l’effort nécessaire pour migrer ou moderniser une plateforme.

📈 Accélérer la croissance tout en maîtrisant le TCO

À travers cette feuille de route, Adobe Commerce cherche à répondre à un double objectif : permettre aux entreprises de déployer plus vite de nouveaux sites, pays, marques ou expériences, tout en réduisant la complexité technique et le coût total de possession.

L’Agentic Commerce marque ainsi une nouvelle étape pour l’e-commerce.

Les plateformes ne doivent plus seulement être performantes, personnalisées et composables. Elles doivent devenir lisibles, actionnables et interopérables avec des agents IA capables de guider, comparer, recommander et peut-être bientôt acheter.

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3. Bergère de France : de la donnée produit aux modèles, un levier de performance commerciale sur Magento

Damien POZZI , responsable e-commerce chez Bergère de France, et Kevin CORTE , directeur commercial de MAPS System, ont partagé les coulisses d’un partenariat de longue date autour d’un enjeu central : la structuration et la valorisation de la donnée produit.

🏭 Une entreprise patrimoniale face aux exigences du digital

Fondée en 1946 à Bar-le-Duc, Bergère de France est une entreprise emblématique du tricot et du loisir créatif.

Dernière filature française, elle maîtrise une chaîne de valeur complète, du fil brut jusqu’au produit fini, en passant par la conception de modèles, la préparation des commandes et l’expédition.

Son offre dépasse aujourd’hui largement la laine à tricoter. L’entreprise commercialise des fils, des accessoires, des kits, des produits de loisirs créatifs, mais aussi des univers liés à la mode et à la maison.

Cette diversification répond à l’évolution du marché du do it yourself, porté par une demande croissante de personnalisation et par le retour en force du fait-main.

Mais cette richesse d’offre entraîne une complexité importante : nombreux types de produits, attributs spécifiques, traductions, devises, contenus éditoriaux, visuels, explications techniques et combinaisons de produits.

🧵 Le “modèle”, un produit e-commerce à part entière

La grande spécificité de Bergère de France tient dans ce que l’entreprise appelle le “modèle”.

Un modèle n’est pas un simple produit. C’est un ouvrage imaginé par les équipes de Bergère de France, accompagné de toutes les informations nécessaires pour permettre à la cliente ou au client de le réaliser soi-même.

L’expérience proposée est proche d’un “prêt-à-tricoter” : le client choisit sa taille, sélectionne le type d’explication souhaité- fiche imprimée ou version téléchargeable- puis le site lui propose automatiquement les éléments nécessaires à la réalisation de l’ouvrage : fils, quantités adaptées, accessoires et explications.

Ce fonctionnement est stratégique. Les modèles jouent un rôle majeur dans les ventes de fils de Bergère de France. Ils permettent de scénariser l’achat, d’inspirer les clients et de transformer une fiche produit en projet concret.

Sur Magento, cette logique a nécessité un développement spécifique. Le modèle ne correspond pas à un type produit standard. Il s’agit d’un assemblage intelligent de composants, rendu possible par la flexibilité de Magento et par la structuration des données dans MAPS System.

📦 Centraliser la donnée pour fiabiliser l’expérience

Avant la mise en place d’une gouvernance structurée, la gestion de la donnée reposait largement sur des fichiers Excel, avec les limites que l’on connaît : erreurs dupliquées, corrections partielles, dépendance à l’IT, manque d’automatisation et difficulté à maintenir une information cohérente sur plusieurs canaux.

Avec MAPS System, Bergère de France a centralisé l’ensemble de ses données produits dans un PIM capable de gérer la complexité de son catalogue.

Descriptions, attributs, traductions, devises, médias, documents, composants des modèles : toutes ces informations sont désormais structurées dans un point de vérité unique.

Cette centralisation permet aux équipes produit de gagner en autonomie. Elles peuvent enrichir les fiches, contrôler la complétude, corriger les erreurs et diffuser les informations vers les différents canaux sans dépendre systématiquement des équipes techniques.

L’impact est direct sur la qualité de l’expérience client. Une donnée produit claire, complète et cohérente limite les frictions, rassure l’acheteur et facilite la décision d’achat.

🛍️ Magento comme plateforme de diffusion omnicanale

Bergère de France exploite aujourd’hui trois sites e-commerce, en français, en néerlandais et en anglais, sur une même plateforme Magento.

Cette architecture permet de gérer plusieurs marchés, plusieurs langues et plusieurs contextes commerciaux à partir d’une donnée centralisée.

Mais la diffusion ne s’arrête pas au digital. Les données issues de MAPS System alimentent également le catalogue papier, les magazines thématiques, les outils internes, les partenaires, les merceries et les marketplaces comme Amazon.

Le papier et le digital ne s’opposent pas : ils s’appuient sur une même donnée fiable, structurée et actualisée.

⏱️ Des gains opérationnels mesurables

La mise en place de cette organisation data a permis à Bergère de France de générer des gains significatifs.

L’entreprise gère aujourd’hui environ 10 000 articles actifs dans sa base produit et plusieurs milliers de modèles sur son site.

La production des magazines a été fortement optimisée, avec un gain de temps estimé à 75 % par rapport à l’ancien fonctionnement basé sur des fichiers Excel.

La qualité de la donnée s’est également améliorée, avec une réduction importante des erreurs sur les fiches produits. Lorsqu’une information est corrigée dans le PIM, elle est corrigée à la source puis répercutée sur les canaux concernés.

🤝 Un partenariat durable fondé sur la proximité

Au-delà de la technologie, le témoignage met en avant l’importance de la relation entre Bergère de France et MAPS System.

Le partenariat dure depuis seize ans, ce qui est rare dans un écosystème digital où les outils et les priorités évoluent rapidement.

Bergère de France a étudié d’autres solutions, mais la capacité de MAPS System à gérer la complexité spécifique des modèles, ainsi que la proximité avec l’éditeur, ont été déterminantes.

Pour les entreprises ayant une donnée produit riche et spécifique, le choix d’un PIM ne se limite pas à une comparaison fonctionnelle. Il s’agit aussi de choisir un partenaire capable de comprendre le métier, d’évoluer avec lui et de s’adapter à ses particularités.

🤖 L’IA comme prochaine étape

Pour Bergère de France, l’avenir de la donnée produit passera naturellement par l’intelligence artificielle.

Les prochains chantiers porteront sur l’enrichissement automatique des fiches produits, la génération ou l’amélioration de descriptions, la traduction assistée, l’automatisation de certains workflows et le renforcement des points de contrôle.

Mais l’IA ne peut produire de la valeur que si elle s’appuie sur une donnée fiable, structurée et maîtrisée.

Sans gouvernance, elle risque d’amplifier les erreurs. Avec une base produit solide, elle devient au contraire un accélérateur de productivité et de qualité.

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4. E-commerce et croissance chez Palais des Thés : chiffres, leviers concrets et stratégie digitale

Constance De Pompignan, Directrice Web & Marketing Client de Palais des Thés, a partagé les grands chiffres de l’entreprise, les leviers digitaux activés au quotidien et la vision omnicanale qui guide la marque.

🌿 Une marque en croissance, entre expertise, pédagogie et international

Palais des Thés compte aujourd’hui plus de 500 collaborateurs et plus de 150 boutiques. La marque est également présente dans 10 pays en dehors de la France, signe d’une internationalisation progressive mais déjà bien engagée.

Au-delà de son réseau de distribution, Palais des Thés se distingue par une forte culture de la transmission.

L’entreprise dispose de sa propre École du Thé, qui forme aussi bien les collaborateurs que des clients B2B- sommeliers, hôtels, palaces, restaurants- et des clients B2C souhaitant approfondir leur connaissance du thé.

Cette expertise se retrouve jusque dans les boutiques, où les vendeurs sont formés comme tea sommeliers. Certains atteignent même le niveau de master tea sommelier, un niveau d’expertise avancé qui renforce la qualité du conseil proposé aux clients.

💻 Un e-commerce pionnier, lancé dès 1999

Palais des Thés fait partie des marques retail françaises ayant investi très tôt le canal e-commerce. Son e-shop a été lancé en 1999, à une époque où la vente en ligne était encore émergente, particulièrement dans l’univers du thé.

Cette initiative s’inscrit dans la continuité d’une culture de la vente à distance déjà bien ancrée.

Avant l’e-commerce, Palais des Thés avait développé la vente par correspondance afin de rendre ses produits accessibles partout en France. L’entreprise allait jusqu’à offrir les frais de port, considérant que le client ne devait pas être pénalisé par l’absence de boutique à proximité.

Cette logique d’accessibilité et de service client a naturellement préparé la transition vers Internet. Les clients VPC ont progressivement basculé vers le digital, dans une continuité de relation et de confiance.

📈 Une avance digitale durable face à la concurrence

Le choix d’investir tôt dans l’e-commerce a permis à Palais des Thés de prendre une avance significative.

Selon Constance De Pompignan, certains concurrents ont mis plusieurs années à lancer un véritable site marchand, certains n’ayant longtemps proposé qu’une simple page d’accueil avec un numéro de téléphone.

Cette avance se ressent encore aujourd’hui, notamment sur le SEO. L’ancienneté du site, la richesse des contenus et la profondeur du catalogue contribuent à maintenir une visibilité forte dans les moteurs de recherche.

Depuis 12 ans, la part du e-commerce dans le chiffre d’affaires de Palais des Thés n’est jamais descendue sous les 15 %, malgré le triplement du nombre de boutiques et le développement d’autres canaux.

👃 Le défi du digital pour un produit sensoriel

Vendre du thé en ligne pose un défi majeur : comment retranscrire une expérience profondément sensorielle sur un écran ?

En boutique, le client est accueilli par un tea sommelier, peut sentir les thés, goûter une tasse, bénéficier d’un conseil expert et vivre une expérience olfactive et relationnelle forte.

Le digital ne permet pas encore de reproduire pleinement cette dimension.

La réponse de Palais des Thés repose donc d’abord sur la qualité du contenu. Le site constitue la plus grande vitrine du catalogue de la marque.

Chaque fiche produit est très détaillée : description organoleptique, conseils de dégustation à chaud ou à froid, accords mets et thés, recettes, tutoriels pour certains accessoires.

Le blog joue également un rôle pédagogique important. Il répond aux questions fréquentes des clients : différences entre thé vert et thé noir, effets du thé sur le sommeil, consommation pendant la grossesse, bienfaits, méthodes de préparation ou encore culture du thé.

🧭 Merchandising, finders et accompagnement du parcours

L’un des enjeux clés du site est d’accompagner des profils très différents : novices, amateurs éclairés, experts, clients en quête d’un cadeau ou acheteurs réguliers.

En boutique, le vendeur identifie rapidement le besoin du client. En ligne, cette compréhension doit être portée par les outils de navigation, de recherche et de merchandising.

Palais des Thés travaille donc en continu son menu, son moteur de recherche, ses dispositifs d’upsell et de cross-sell, ainsi que des outils d’aide au choix.

Parmi eux, un gift finder pour aider à choisir un cadeau, ou encore un matcha finder pour orienter le client vers le matcha le plus adapté à ses goûts et usages.

Ces outils ne sont pas nécessairement spectaculaires, mais ils répondent à un enjeu essentiel : rendre le catalogue plus accessible et guider le client dans un univers riche, parfois complexe.

📱 Des formats de contenu plus vivants pour renforcer la conversion

Pour aller au-delà de la fiche produit classique, Palais des Thés utilise également des formats inspirés des réseaux sociaux.

Sur certaines fiches produits, de petites bulles de contenu reprennent les codes des stories Instagram : formats courts, créatifs, vivants et plus émotionnels.

Ces contenus permettent d’apporter un autre regard sur les produits, d’enrichir la découverte et de contribuer à la conversion. Ils rapprochent l’expérience e-commerce des usages digitaux actuels, tout en conservant l’exigence éditoriale de la marque.

💬 Chat internalisé et assistant IA : rapprocher le site du conseil boutique

La relation client constitue un autre pilier de la stratégie digitale de Palais des Thés.

Le chat en ligne est directement relié au service client, entièrement internalisé. Derrière cet outil, les clients retrouvent des conseillers experts, capables de répondre avec précision et proximité.

Plus récemment, Palais des Thés teste un assistant IA sur les fiches produits. L’internaute peut poser des questions directement sur un thé : va-t-il empêcher de dormir ? Quelle est la différence avec un autre thé ? Comment le préparer ?

L’intérêt est double. Côté client, la réponse est immédiate, contextualisée et utile. Côté entreprise, l’analyse des questions posées devient une source précieuse d’insights.

Elle permet d’identifier les zones d’incompréhension, d’améliorer les contenus, voire d’inspirer de nouveaux services ou innovations produits.

Pour Constance De Pompignan, cet assistant IA est peut-être l’outil qui permet le plus de raccourcir la frontière entre le vendeur en boutique et le site.

🧪 CRO et amélioration continue : tester avant de déployer

Depuis trois ans, Palais des Thés structure davantage sa démarche CRO. Une personne en interne est dédiée à ces sujets, avec l’appui d’outils comme Contentsquare et d’experts externes.

L’entreprise réalise aujourd’hui environ une dizaine de tests par an.

Cette démarche marque une évolution importante : ne plus simplement mettre en ligne puis analyser après coup, mais tester, observer et optimiser avant les grands lancements.

Un exemple concret concerne la campagne matcha. Pour accompagner le lancement d’une nouvelle collection, Palais des Thés a créé une landing page dédiée et un nouveau template.

Avant le déploiement média, la page a été confrontée à des utilisateurs. Les équipes ont observé leur navigation, recueilli leurs retours et apporté des ajustements avant l’ouverture de la campagne.

🏬 Une omnicanalité pragmatique

Chez Palais des Thés, l’omnicanalité est une réalité : le client est reconnu sur le site comme en boutique, le programme de fidélité est omnicanal, le plan de contact CRM également, tout comme la carte cadeau.

Mais la marque ne cherche pas à effacer artificiellement les différences entre les canaux.

Chaque canal doit apporter ce qu’il fait le mieux.

Le site web a un rôle de découverte, de préparation, de service et de recrutement. La boutique reste irremplaçable pour sentir, goûter, échanger et bénéficier d’un conseil incarné.

🌍 Les priorités à venir : parcours, personnalisation, international et GEO

Pour les prochains mois, Palais des Thés poursuit plusieurs priorités : l’amélioration continue du parcours client, la personnalisation, l’international et le GEO.

La marque commence à adresser sérieusement l’enjeu du GEO, c’est-à-dire l’optimisation de sa visibilité dans les environnements de recherche générative et d’intelligence artificielle.

Le digital ne remplace pas l’expérience boutique. Il la prépare, la prolonge, la complète et, souvent, donne envie de la vivre.

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5. Comment Lexon a géré ses drops et ses pics de connexions grâce à Adobe Commerce et Stripe

Boris BRAULT , CEO de BOW Group/Lexon, et Matthias Lecroix , Directeur commercial France chez Stripe, sont revenus sur la transformation digitale de Lexon et sur la mise en place progressive d’une stratégie de drops internationaux.

🏬 Du B2B historique au e-commerce international

Avant d’accélérer sur le digital, Lexon évoluait principalement dans un modèle B2B, avec une forte présence auprès de retailers, concept stores et museum stores.

La marque, connue pour ses objets design accessibles, réalisait l’essentiel de son activité à travers son réseau de distribution.

Le tournant intervient notamment après le rachat de Lexon en 2019, quelques mois avant la pandémie. La fermeture brutale des points de vente physiques oblige alors l’entreprise à repenser rapidement son modèle.

Le catalogue digital, qui servait jusque-là principalement de vitrine, devient progressivement un véritable levier commercial.

Pour soutenir cette nouvelle ambition, Lexon fait le choix d’un socle e-commerce capable d’accompagner son développement international.

Adobe Commerce devient la base de cette refonte, tandis que Stripe est retenu comme processeur de paiement unique pour gérer les enjeux de paiement multi-pays, multi-devises et de sécurisation des transactions.

👾 Le drop Space Invader : premier test grandeur nature

Le premier grand cas d’usage évoqué est celui du drop réalisé avec l’artiste Space Invader en 2022.

L’objectif : transformer une œuvre iconique en figurines gravées, numérotées et disponibles en quantité limitée.

Le défi était double. D’un côté, Lexon devait absorber un afflux massif de visiteurs généré par la communauté internationale de l’artiste. De l’autre, il fallait sécuriser des paiements d’un montant supérieur à 500 euros par pièce, dans un contexte de forte rareté et de forte pression sur le stock.

Pour gérer ce lancement, Lexon met en place un système de salle d’attente.

Les visiteurs sont progressivement autorisés à entrer sur le site, à finaliser leur commande, puis à laisser la place à de nouveaux collectionneurs.

Cette mécanique permet de contrôler la charge, de protéger l’expérience utilisateur et de vérifier que le checkout reste fluide jusqu’à la capture du paiement.

Le résultat est spectaculaire : environ 5 000 pièces vendues, près de 3 millions d’euros de chiffre d’affaires générés en trois heures, et un drop bouclé sans incident majeur visible côté client.

🛡️ Sécuriser les paiements, bloquer la fraude, préserver le stock

Dans un drop, la réussite ne se limite pas à encaisser des paiements.

Il faut aussi s’assurer que les vrais collectionneurs puissent acheter, que les bots soient bloqués et que les transactions frauduleuses ne viennent pas capter du stock au détriment des clients légitimes.

C’est sur ce point que Stripe joue un rôle central.

Lors des opérations à forte volumétrie, l’enjeu n’est pas seulement le taux d’acceptation des paiements, mais aussi la capacité à identifier les comportements suspects, à réduire les faux positifs et à protéger le chiffre d’affaires comme l’expérience client.

Une fraude bloquée, ce n’est pas uniquement une perte financière évitée. C’est aussi du stock préservé pour les vrais clients, moins de frustration, moins de réclamations, et une meilleure protection de la réputation de la marque.

🐶 Jeff Koons : un drop international, étalé dans le temps

Après le succès de Space Invader, Lexon poursuit sa stratégie avec une collaboration d’envergure autour de Jeff Koons.

Cette fois, le modèle évolue : il ne s’agit plus d’un drop limité à quelques milliers de pièces numérotées, mais d’une édition limitée dans le temps, commercialisée entre juin et décembre.

Lexon réinterprète le célèbre Balloon Dog en y intégrant sa technologie : lampe LED, enceinte, son et lumière.

Le produit devient à la fois objet de collection, produit design et expérience digitale.

Ce nouveau lancement amène d’autres enjeux : trafic international, clients en Asie-Pacifique, paiements de plus de 750 euros, localisation des moyens de paiement et prévention accrue de la fraude.

Grâce à Stripe, Lexon peut ajouter des moyens de paiement locaux, comme KakaoPay en Corée, afin d’améliorer la conversion et de proposer une expérience plus adaptée aux habitudes d’achat des clients internationaux.

🎟️ Le raffle : une nouvelle mécanique inspirée des sneakers

Lexon ne s’arrête pas au drop classique.

Pour le premier anniversaire de la collaboration avec Jeff Koons, la marque lance une nouvelle édition du Balloon Dog, plus grande, plus puissante et cette fois limitée à 3 000 pièces numérotées, vendues à 3 000 euros.

Face à une demande attendue supérieure à l’offre, Lexon choisit une mécanique inspirée de l’univers des sneakers : le raffle, ou tirage au sort.

Le principe change complètement l’expérience de paiement.

Le client doit pouvoir enregistrer son moyen de paiement et prouver sa capacité à payer, sans être débité immédiatement. Seuls les collectionneurs tirés au sort seront ensuite débités, plusieurs semaines après leur inscription, sans avoir à ressaisir leurs informations.

Le paiement devient ici une composante de l’expérience client, de la désirabilité, de l’allocation produit et de la relation de marque.

🧱 Une infrastructure pensée comme un projet global

L’un des enseignements majeurs de cette conférence est que la réussite d’un drop ne repose pas uniquement sur le marketing, ni uniquement sur la technologie, ni uniquement sur le paiement.

Ces trois dimensions doivent être pensées ensemble dès le départ.

Lexon a su combiner une proposition produit forte, des collaborations artistiques désirables, une plateforme e-commerce robuste avec Adobe Commerce, une orchestration technique adaptée aux pics de charge, et une infrastructure de paiement internationale sécurisée avec Stripe.

🏪 Le drop comme levier omnicanal

Au-delà du chiffre d’affaires immédiat, le drop devient aussi un outil stratégique pour les réseaux de distribution historiques.

En prouvant la demande en ligne, Lexon renforce ensuite son discours auprès de ses partenaires retail.

Le digital ne remplace pas le réseau physique : il le complète.

Il permet de tester l’appétence du marché, de créer de la désirabilité, de sécuriser des volumes, puis de prolonger l’expérience en magasin.

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6. L’IA en production : comment de petites équipes obtiennent désormais un impact disproportionné

Benjamin Calef , CTO de Zadig & Voltaire, a partagé un retour d’expérience très concret sur l’intégration de l’intelligence artificielle en production.

⚙️ L’IA n’est plus une expérimentation

Cette intervention a mis en lumière une transformation majeure : l’IA ne se limite plus aux expérimentations ou aux démonstrations marketing.

Elle devient un véritable levier opérationnel pour les équipes techniques, y compris lorsqu’elles sont réduites.

Chez Zadig & Voltaire, le constat est frappant : trois développeurs couvrent aujourd’hui 15 pays et un site générant environ 10 millions de pages vues par mois.

Dans ce contexte, l’IA n’est pas un simple outil d’assistance. Elle est devenue un accélérateur de production, un moyen de réduire le backlog, d’améliorer la qualité du code et d’étendre les capacités d’une équipe sans multiplier les effectifs.

🚀 De petites équipes pour un impact disproportionné

Benjamin Calef a insisté sur un changement de paradigme : les entreprises n’ont plus nécessairement besoin de grandes équipes d’ingénieurs pour produire des solutions robustes, industrialisées et réellement utiles au business.

Grâce aux modèles avancés et aux approches agentiques, de petites équipes peuvent désormais prototyper, développer et mettre en production des projets à un rythme auparavant inaccessible.

🧠 Le rôle du développeur évolue

L’un des enseignements forts de cette intervention concerne l’évolution du rôle des développeurs.

Leur mission ne consiste plus seulement à écrire du code, mais à cadrer les besoins, définir les architectures, piloter la qualité et orchestrer les agents IA.

Chez Zadig & Voltaire, l’ensemble du code du service digital est désormais développé avec l’appui d’outils comme Claude Code, dans une logique de semi-automatisation, voire d’automatisation avancée.

🧾 Repenser les méthodes projet

Cette transformation oblige aussi à revoir les méthodes projet traditionnelles.

Benjamin Calef a notamment questionné certains réflexes hérités de l’agilité, comme le fait d’avancer uniquement par petites itérations.

Avec des modèles capables de raisonner sur une architecture cible complète, il devient essentiel de bien définir le besoin final dès le départ.

Le travail de cadrage, la qualité des tickets, la compréhension métier et la définition du résultat attendu prennent donc une importance stratégique.

🛡️ Sécurité, revue de code et garde-fous

L’IA permet également d’automatiser des tâches historiquement chronophages, comme la sécurité, la revue de code ou le contrôle qualité.

Chez Zadig & Voltaire, ces dimensions sont désormais fortement automatisées, avec une surveillance continue du code et des mécanismes capables d’identifier rapidement les failles ou les corrections nécessaires.

Dans un environnement où le volume de code produit augmente fortement, les garde-fous deviennent indispensables.

🧩 Des modèles plus petits, plus spécialisés, plus maîtrisés

Autre point clé : l’avenir de l’IA en entreprise ne repose pas uniquement sur les grands modèles frontières.

Pour de nombreux usages métier, des modèles plus petits, déterministes et spécialisés suffisent largement. Ils coûtent moins cher, sont plus faciles à intégrer et répondent mieux à des tâches simples et répétables.

Cette approche ouvre la voie à une IA plus maîtrisée, plus verticale et mieux adaptée aux besoins concrets des organisations.

🖥️ Vers la fin progressive du back-office traditionnel

Benjamin Calef a également évoqué la fin progressive du back-office traditionnel.

Selon lui, les tableaux de bord statiques perdent de leur intérêt lorsqu’ils ne permettent pas d’agir directement.

L’enjeu est désormais de connecter les outils, les API, les CRM, les MCP et les canaux de communication comme Slack, Teams ou l’e-mail, afin de donner aux équipes métier la capacité d’interagir directement avec des agents capables d’exécuter des actions.

🏢 Un rôle élargi pour le CTO

Pour Zadig & Voltaire, cette évolution dépasse désormais le périmètre strict du digital et du e-commerce.

Le rôle du CTO s’élargit vers l’intégration de l’IA dans d’autres fonctions de l’entreprise : retail, supply chain, comptabilité ou opérations.

L’IA devient ainsi un outil de verticalisation des besoins métiers et un moyen pour l’entreprise de se réapproprier ses propres processus.

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7. Mon copilote IA : comment l’intelligence artificielle devient l’assistant décisionnel du responsable e-commerce

Christophe Denuziere , fondateur de l’agence Sutunam, a partagé une approche concrète de l’IA appliquée au e-commerce : non pas comme un gadget isolé, mais comme un outil central de pilotage.

🧱 Passer d’un usage ponctuel à un usage en mode projet

Le message central de cette intervention est simple : pour obtenir un réel impact avec l’IA, il faut arrêter de l’utiliser comme un outil satellite.

L’enjeu est de la placer au cœur du projet.

Dans un usage classique, l’utilisateur ouvre un outil comme ChatGPT, Claude ou un autre assistant IA, pose une question, récupère une réponse, puis retourne à ses outils métiers.

Cette approche peut être utile, mais elle reste limitée. L’IA manque souvent de contexte, ne connaît pas l’historique du projet et ne conserve pas toujours les informations importantes.

Christophe Denuzière propose une autre logique : utiliser l’IA comme une colonne vertébrale de projet.

Cela signifie lui apporter les documents, les comptes rendus, les échanges, les données métiers, les décisions prises et les tâches à suivre.

🗂️ Le contexte, la persistance et les données : trois clés pour une IA vraiment utile

L’une des limites majeures des assistants IA réside dans la gestion du contexte.

Au fil des échanges, la mémoire instantanée se remplit, se compresse et finit par perdre des informations.

Pour éviter cet effet, la persistance devient essentielle. Autrement dit, il faut documenter.

L’IA doit être utilisée non seulement pour répondre, mais aussi pour stocker, organiser et structurer les informations importantes du projet.

Cela peut prendre la forme d’une documentation projet, d’une arborescence organisée, d’une liste de décisions, d’une base de connaissances métier ou d’un suivi des tâches.

L’IA devient alors un excellent documentaliste : elle classe, résume, relie les informations et peut les mobiliser au bon moment.

📊 Dialoguer avec ses données e-commerce

L’un des exemples les plus parlants présentés pendant la session concerne la création d’un assistant connecté à une base Magento.

L’objectif : permettre à un responsable e-commerce de poser des questions en langage naturel à ses propres données.

Au lieu de chercher manuellement dans le back-office, dans des exports ou dans plusieurs outils de reporting, l’utilisateur peut demander directement :

Quel est mon chiffre d’affaires sur 2025 ? Quel est le panier moyen en point relais ? Quels sont les meilleurs magasins en Click & Collect ? Quel est le taux d’usage réel des cartes cadeaux ? Quels vendeurs de ma marketplace expédient le plus lentement ? Combien de produits personnalisés ont été commandés sur une période donnée ?

L’intérêt n’est pas seulement de récupérer une information. L’intérêt est de pouvoir enchaîner immédiatement avec une action.

Si un vendeur marketplace affiche un délai moyen d’expédition trop long, l’IA peut générer une analyse, préparer un tableau, identifier les commandes concernées, puis rédiger un email de relance adapté.

📈 Du dashboard classique au tableau de bord actionnable

La session a également montré comment l’IA peut aider à construire rapidement des dashboards métiers.

À partir d’un accès en lecture seule à une base de données, l’assistant peut proposer une organisation technique, créer une première interface, ajouter des sélecteurs de dates, générer des graphiques, intégrer des indicateurs spécifiques et faire évoluer l’outil au fil des demandes.

Mais la véritable valeur apparaît lorsque le dashboard devient actionnable.

Un tableau de suivi des vendeurs peut, par exemple, intégrer un bouton permettant d’ouvrir une fiche vendeur, de générer un brouillon d’email ou de préparer une relance personnalisée.

L’IA ne se contente plus d’afficher la donnée : elle aide à transformer cette donnée en action concrète.

👩💼 Une opportunité pour les profils métiers

L’un des points forts de cette approche est qu’elle ne s’adresse pas uniquement aux équipes techniques.

Christophe Denuzière a notamment présenté l’exemple d’un outil d’analyse UX conçu par un directeur artistique non développeur, grâce à une méthode structurée d’utilisation de l’IA.

Des profils métiers peuvent désormais créer ou faire évoluer des outils adaptés à leurs besoins, sans attendre systématiquement un cycle de développement classique.

Pour les équipes e-commerce, cela ouvre de nombreuses possibilités : analyse SAV, enrichissement produit, génération de fiches produits, suivi marketplace, reporting métier, aide à la réponse aux appels d’offres, catégorisation de catalogue ou amélioration des contenus visuels.

🧘 L’IA comme assistant de productivité et de décharge mentale

Au-delà de la performance technique, l’un des bénéfices les plus importants réside dans la décharge mentale.

En mode projet, l’IA peut maintenir une todo list, réorganiser les priorités après une réunion, intégrer une transcription de visio, mettre à jour une documentation ou résumer des échanges email.

Trois consignes simples peuvent déjà changer l’usage : maintenir systématiquement la liste des tâches, documenter les décisions importantes et stocker les informations de manière organisée.

🔐 Des garde-fous indispensables

Ces nouveaux usages doivent évidemment être encadrés.

Connecter une IA à des données e-commerce, à une base Magento, à un outil SAV ou à des données fournisseurs implique de porter une attention particulière à la sécurité, aux droits d’accès et aux coûts.

L’objectif n’est pas de tout automatiser sans supervision, mais de construire un copilote fiable, utile et maîtrisé.

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8. Comment Neut a repensé sa stratégie commerciale en intégrant le e-commerce

Entreprise familiale centenaire, Neut a bâti sa réputation sur un savoir-faire rare, une expertise métier reconnue et une relation de proximité avec ses clients.

🏛️ Une entreprise centenaire face à de nouvelles attentes clients

Spécialisée dans l’orthopédie depuis 1923, la société accompagne les professionnels de santé à travers deux activités principales : la distribution de produits orthopédiques de série et la fabrication d’appareillages sur mesure.

Pendant longtemps, le modèle commercial de Neut a reposé sur la relation terrain.

Les commerciaux étaient au cœur de l’échange avec les pharmacies, magasins de matériel médical, orthopédistes, chirurgiens et hôpitaux.

Les catalogues papier, les tarifs personnalisés, les appels téléphoniques, les mails et les visites commerciales constituaient les principaux leviers de vente.

Mais progressivement, les clients ont exprimé de nouvelles attentes : davantage d’autonomie, un accès immédiat à l’information, la consultation des stocks en temps réel, la possibilité de retrouver leurs tarifs personnalisés ou encore de créer des favoris parmi les produits commandés régulièrement.

Même les modèles les plus solides doivent évoluer lorsque les usages clients changent.

🔄 Un projet e-commerce, mais surtout une transformation interne

Chez Neut, le projet n’a jamais été réduit à la simple création d’un site marchand.

Il s’agissait avant tout de transformer la manière de travailler.

En parallèle, les outils internes montraient leurs limites : site vieillissant, systèmes qui ne communiquaient pas entre eux, données dispersées, saisies multiples.

L’arrivée d’un nouvel ERP, Sage X3, couplé à un WMS, a joué le rôle de déclencheur.

📦 La donnée produit comme premier chantier

L’un des premiers enjeux a été la donnée produit.

Avant le projet, les informations étaient réparties entre plusieurs sources : catalogue papier, fiches techniques, ancien site vitrine, ERP ou encore documents internes.

Cette dispersion entraînait des incohérences, des doublons et des mises à jour complexes.

Pour structurer cette base produit, Neut a mis en place un PIM avec Akeneo.

L’objectif : disposer d’une source unique d’information, fiable et harmonisée.

Ce nouvel outil permet aujourd’hui de centraliser plus de 6 000 références réparties en 33 catégories.

Il facilite l’enrichissement des fiches produits, le contrôle de la qualité des données et la publication vers le site e-commerce uniquement lorsque les informations nécessaires sont complètes.

Cette étape a été déterminante : elle a permis de passer d’une logique de catalogue papier à une logique digitale, beaucoup plus structurée et exigeante.

🧩 Un nouvel écosystème connecté autour de Magento

Le nouvel écosystème digital de Neut repose désormais sur plusieurs briques interconnectées.

L’ERP Sage X3 centralise les informations business : stocks, prix, statuts produits, conditions commerciales spécifiques à chaque client.

Ces données alimentent le PIM Akeneo, qui enrichit les contenus produits avec les descriptions, les caractéristiques techniques et les éléments marketing.

L’ensemble est ensuite envoyé vers le front office Magento 2, accompagné par Hyvä Commerce pour l’expérience et la mise en page.

Pour les clients, le changement est concret : informations plus fiables, données actualisées, accès aux stocks, tarifs personnalisés et parcours de commande plus fluide.

Pour les équipes internes, c’est également une avancée majeure : les outils parlent enfin le même langage.

⏳ Les enseignements d’un projet de 18 mois

Le projet a duré 18 mois, dont 12 mois largement consacrés à la création et à la mise à jour du PIM.

Un point que les équipes de Neut reconnaissent avoir sous-estimé.

La difficulté n’a pas été uniquement technique. Elle a surtout été culturelle et organisationnelle.

Il a fallu apprendre à penser e-commerce, impliquer tous les services, revoir les processus, questionner la logique produit, anticiper les impacts logistiques et reconstruire une donnée exploitable dans un environnement digital.

Un projet e-commerce doit se préparer très en amont. Il ne concerne pas uniquement le service digital ou marketing. Il touche la logistique, le commerce, les produits, les systèmes d’information et la relation client.

📈 Des premiers résultats très encourageants

Le site e-commerce de Neut a été lancé le 18 février 2026.

Les premiers résultats confirment l’intérêt du projet : plus de 90 commandes par jour, 10 500 commandes déjà réalisées et plus de 900 comptes actifs depuis le lancement.

La projection sur 12 mois est estimée à 2,7 millions d’euros de chiffre d’affaires.

Ces chiffres montrent que les clients étaient prêts. Ils attendaient une solution leur offrant plus d’autonomie, tout en conservant la qualité de service et la proximité qui caractérisent Neut.

🤝 Le digital comme prolongement de l’héritage

La suite du projet consiste à enrichir l’offre disponible en ligne, notamment avec de nouvelles gammes, le petit appareillage et le matériel professionnel.

Neut souhaite également continuer à améliorer l’expérience client, en restant à l’écoute des retours terrain.

Le digital n’a pas vocation à remplacer la relation humaine, mais à la prolonger et à la renforcer.

Chez Neut, le digital prolonge l’héritage. Il ne le remplace pas.

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9. Des mots-clés aux conversations : 50 ans d’évolution du searchandising

Romain Ruaud, créateur d’ElasticSuite, est revenu sur l’histoire de cette discipline, depuis les premiers algorithmes de recherche jusqu’aux agents IA conversationnels qui transforment déjà la manière dont les clients interagissent avec les catalogues e-commerce.

🧠 Aux origines : modéliser la pertinence

Le searchandising est devenu l’un des leviers les plus stratégiques de l’e-commerce.

À la croisée de la recherche interne, du merchandising et de la performance business, il joue aujourd’hui un rôle comparable à celui d’un vendeur en magasin.

Il doit comprendre la demande du client, l’orienter vers le bon rayon, reformuler son besoin lorsque celui-ci est imprécis, puis mettre en avant les produits les plus pertinents selon la stratégie du marchand.

L’histoire commence il y a près de 50 ans, bien avant l’essor de l’intelligence artificielle générative.

Dès les années 1970, des chercheurs posent les bases mathématiques de la recherche d’information probabiliste. Leur objectif : modéliser ce que les humains appellent la pertinence.

🧮 TF-IDF, index inversé et moteurs modernes

C’est dans ce contexte qu’apparaissent les premiers concepts comme le TF-IDF, qui permet de donner un poids aux mots en fonction de leur fréquence dans un corpus.

L’idée est simple : lorsqu’un internaute recherche une “robe rouge”, le moteur doit comprendre que le terme essentiel est “robe”, et non seulement la couleur “rouge”.

Avec l’arrivée d’Internet dans les années 1990, ces algorithmes trouvent leurs premières applications à grande échelle dans les moteurs de recherche comme Yahoo ou AltaVista.

L’apparition des premières grandes plateformes e-commerce, comme Amazon ou eBay, pose ensuite un nouveau défi : concilier recherche pertinente, stock, prix et mises à jour catalogue.

Un tournant intervient avec le concept d’index inversé, qui permet de rendre la recherche beaucoup plus rapide.

Cette logique, popularisée notamment par Lucene, reste encore aujourd’hui au cœur de nombreux moteurs modernes comme Elasticsearch ou Solr.

🔁 Corriger, reformuler, orienter

À partir des années 2010, les usages évoluent avec la montée en puissance du mobile.

Les fautes de frappe deviennent un enjeu majeur : afficher zéro résultat parce qu’un client a mal saisi un mot peut entraîner une perte directe de chiffre d’affaires.

Les algorithmes basés sur la distance de Levenshtein permettent alors de détecter les erreurs de saisie et de proposer des résultats proches.

Le moteur commence à jouer un rôle plus intelligent : il ne se contente plus de chercher exactement ce qui a été tapé, il commence à reformuler.

🛍️ Le searchandising : croiser pertinence et stratégie commerciale

Une autre étape clé arrive avec le function scoring dans Elasticsearch.

Cette fonctionnalité permet d’ajouter une couche business à la pertinence linguistique.

Le moteur peut ainsi tenir compte de règles définies par le marchand : mettre en avant une marque, pousser certains produits, reléguer les articles hors stock, ou encore favoriser les références les plus stratégiques.

C’est ici que le searchandising prend toute sa dimension : il ne s’agit plus seulement de trouver des produits, mais de faire correspondre la recherche client avec la stratégie commerciale du marchand.

🧰 ElasticSuite : redonner la main aux marchands

C’est dans ce contexte que naît ElasticSuite.

À l’origine, l’objectif est de connecter les capacités d’Elasticsearch à Magento pour offrir une vraie solution de merchandising et de product discovery.

Avec Magento 2, ElasticSuite est repensé pour donner davantage d’autonomie aux équipes métier.

L’enjeu n’est plus seulement technique : il s’agit de permettre aux marchands d’ajuster eux-mêmes leurs règles, de déplacer des produits, de gérer des boosts ou de mettre en avant certaines références sans dépendre systématiquement des développeurs.

Cette approche open source se distingue fortement des solutions SaaS du marché.

Pour Romain Ruaud, l’un des enjeux majeurs est celui de la souveraineté : les données catalogue, les données clients et les règles business constituent une richesse stratégique qui doit rester sous le contrôle du marchand.

🧬 L’arrivée de la recherche sémantique

À partir de 2020, une nouvelle étape se dessine avec la recherche sémantique et vectorielle.

L’objectif est de mieux comprendre l’intention derrière une requête.

Si un client recherche un “blouson”, le moteur doit être capable de comprendre qu’une “veste” peut aussi répondre au besoin, sans que cette relation ait été définie manuellement par une règle de synonymes.

La recherche vectorielle transforme les mots en représentations mathématiques afin de mesurer leur proximité sémantique.

Le moteur ne cherche plus seulement des mots identiques : il commence à comprendre des concepts proches.

Mais cette approche ne remplace pas totalement les algorithmes historiques. Les recherches très précises, comme les SKU, les références techniques ou les codes produits, restent mieux traitées par les approches traditionnelles comme BM25.

💬 Vers une expérience conversationnelle

La prochaine évolution est déjà en cours : le passage des mots-clés aux conversations.

Pendant longtemps, les clients ont parlé aux moteurs de recherche comme à des machines : “robe rouge”, “chaussures homme”, “veste hiver”.

Avec les usages popularisés par les assistants IA, les internautes formulent désormais des demandes plus naturelles : “Je cherche une tenue élégante pour un mariage en été” ou “J’ai besoin d’un cadeau pour quelqu’un qui aime le design”.

Cette évolution transforme profondément le rôle du searchandising.

Le moteur doit désormais être capable d’analyser une intention complexe, de la traduire en requête produit, d’appliquer les règles business du marchand, puis de proposer une réponse cohérente.

🤖 Le nouveau défi : les agents IA acheteurs

En 2026, un nouveau paradigme se profile : les clients ne seront plus toujours les seuls à naviguer sur les sites e-commerce.

Des agents IA pourront rechercher, comparer et sélectionner des produits à leur place.

Pour les marchands, cela pose une question cruciale : comment exposer correctement leur catalogue à ces agents ? Comment s’assurer que les produits mis en avant respectent bien les mêmes règles que sur le site ? Comment éviter que des données sensibles, comme les marges, soient visibles tout en permettant aux agents de comprendre quels produits recommander ?

Romain Ruaud esquisse une évolution du rôle des solutions de searchandising vers celui de Product Intelligence Provider.

Leur mission serait de structurer, contrôler et exposer l’information produit de manière intelligible pour les agents IA, tout en conservant la maîtrise des règles métier et des données.

🔐 Reprendre le contrôle de sa stack

Au-delà de la technologie, cette évolution pose une question stratégique : qui contrôle la valeur ?

Les solutions SaaS basées sur des modèles de tarification à la requête ou à la visite pourraient être mises sous pression dans un monde où des millions d’agents automatisés parcourent les sites e-commerce.

Dans ce contexte, la maîtrise de la stack technique, du code source, des données catalogue et des données clients redevient un enjeu central.

Le searchandising a parcouru un long chemin : d’un simple moteur capable de vérifier la présence d’un mot-clé, il devient progressivement une interface intelligente, capable de comprendre, reformuler, conseiller et converser.

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10. Doubler son revenu en ligne en 4 ans : Lafreto Outdoor refond son e-commerce pour y parvenir

Stéphane Dom , Adobe Commerce Account Executive chez Adobe, a échangé avec Frédéric MOREL , Directeur groupe de Lafreto Outdoor, autour d’un sujet central : comment la technologie peut devenir un levier de croissance lorsqu’elle reste au service d’une vision entrepreneuriale claire.

🏂 Un pionnier français de l’e-commerce outdoor

L’histoire de Lafreto Outdoor commence il y a près de 30 ans, à Clermont-Ferrand, avec la création d’un magasin spécialisé dans les sports de glisse.

Dès 1999, Frédéric Morel et son épouse font un pari audacieux : lancer leur premier site e-commerce.

À l’époque, Internet en est encore à ses débuts, les connexions se font en 56K, Amazon France n’est pas encore présent, les moyens de paiement et de livraison sont loin d’être aussi matures qu’aujourd’hui.

L’objectif initial est simple : élargir la zone de chalandise du magasin physique et toucher des clients au-delà de Clermont-Ferrand.

Très vite, une première commande tombe. Une cliente achète un snowboard en ligne.

Pour Frédéric Morel, c’est le déclic : vendre des produits techniques sur Internet est possible.

🏌️ Trois verticales, une même culture de l’expertise

Aujourd’hui, Lafreto Outdoor s’articule autour de trois verticales :

Glisshop, l’activité historique autour des sports d’hiver, du ski, du snowboard, des accessoires et du textile.

Monsieur Golf, une enseigne dédiée au golf, rachetée il y a 12 ans alors qu’elle était en liquidation judiciaire.

Gliss Pro Shop, une enseigne spécialisée dans les sports nautiques, rachetée en 2021.

Le groupe revendique trois valeurs fortes : la passion, l’expertise et l’engagement auprès des clients.

Cette dimension conseil est essentielle. Lafreto Outdoor vend des produits techniques qui nécessitent un accompagnement précis.

Contrairement à certains sites e-commerce qui cherchent à cacher leur numéro de téléphone ou leur adresse e-mail, le groupe fait exactement l’inverse : il cherche à entrer en contact avec ses clients pour les conseiller au mieux, que l’achat ait lieu en magasin ou en ligne.

📈 53 millions d’euros de chiffre d’affaires et une ambition à 100 millions

Lafreto Outdoor a clôturé son dernier exercice, au 31 mars, avec 53 millions d’euros de chiffre d’affaires.

Le groupe affiche une croissance de 22 % sur le dernier exercice et un taux de croissance moyen de 17 % sur les cinq dernières années.

Il s’agit aujourd’hui d’un acteur très largement digitalisé : 92 % du chiffre d’affaires est généré en ligne, contre 8 % dans les deux magasins physiques de Clermont-Ferrand.

Autre indicateur clé : 35 % du chiffre d’affaires web est déjà réalisé à l’international.

L’activité reste toutefois très saisonnière. L’hiver représente encore 70 % de l’activité, contre 30 % pour l’été.

L’objectif fixé dans le plan Lafreto Outdoor 2030 est ambitieux : doubler le chiffre d’affaires pour atteindre 100 millions d’euros au 31 mars 2030.

Cette croissance reposera sur plusieurs axes : accélérer à l’international, atteindre une répartition 50 % France / 50 % international, désaisonnaliser l’activité pour tendre vers un modèle 60 % hiver / 40 % été, et renforcer la logistique.

📦 Repenser les outils pour passer un cap

Pour franchir le seuil des 100 millions d’euros, Lafreto Outdoor a mené une réflexion approfondie sur ses outils.

La question posée par Frédéric Morel était simple : les solutions actuelles permettent-elles vraiment de soutenir les ambitions de croissance du groupe ?

Le premier chantier a concerné la logistique. En 2025, Lafreto Outdoor a migré vers le WMS Reflex de l’éditeur Ardis.

Ce projet a permis une amélioration majeure des flux, notamment pendant le Black Friday.

Là où les expéditions se faisaient auparavant plutôt à J+5, le nouvel outil a permis d’expédier à J+2, avec une promesse client beaucoup plus fiable.

Le second chantier concerne le moteur e-commerce, avec un replatforming prévu entre 2026 et 2027.

Les objectifs sont clairs : mettre en place une plateforme mobile first, améliorer la performance web et industrialiser le développement international.

Le mobile est devenu un enjeu central : 75 % de l’audience de Lafreto Outdoor se fait aujourd’hui sur mobile.

Enfin, l’internationalisation nécessite une plateforme capable de permettre le lancement rapide de nouveaux sites. Lafreto Outdoor dispose aujourd’hui de 10 sites et souhaite rapidement doubler ce nombre.

🧩 Pourquoi Adobe Commerce ?

Entre fin 2024 et le premier semestre 2025, Lafreto Outdoor a mené un benchmark approfondi des plateformes e-commerce.

La shortlist finale opposait Adobe Commerce à Shopify.

Le choix d’Adobe Commerce s’est imposé pour plusieurs raisons.

La première est la capacité à accompagner la croissance. Lafreto Outdoor cherchait une plateforme capable de soutenir un passage de 50 à 100 millions d’euros de chiffre d’affaires, puis d’aller au-delà.

La deuxième est la flexibilité. Le groupe a longtemps eu une culture du développement sur mesure, avec un CMS interne développé en 2009 et utilisé pendant près de 10 ans.

Cette culture custom reste importante, notamment pour gérer des spécificités métiers comme les packs ski, intégrant les skis, les fixations et des systèmes de configuration sophistiqués.

La troisième raison concerne l’industrialisation de l’international. Adobe Commerce doit permettre au groupe de créer de nouveaux sites plus rapidement et d’accélérer son expansion.

La quatrième est la maîtrise des coûts. Adobe a proposé une lecture budgétaire claire sur plusieurs années, avec une visibilité sur cinq, six ou sept ans.

Enfin, Frédéric Morel insiste sur le partenariat tripartite entre l’éditeur Adobe, l’intégrateur Sinolia et Lafreto Outdoor.

Ce type de projet engage les partenaires pour cinq, sept, voire dix ans.

⚠️ Éviter le Big Bang

Fort de plusieurs expériences de replatforming, Frédéric Morel partage un premier enseignement majeur : éviter à tout prix le Big Bang.

Lors d’une migration en 2019, Lafreto Outdoor avait basculé en une nuit de sa plateforme maison vers une nouvelle plateforme française.

L’opération s’était mal passée, avec de gros problèmes de performance et une perte de 40 % du référencement.

Pendant près de six mois, les équipes ont dû corriger les difficultés, avec un impact fort sur l’activité.

Pour le nouveau replatforming, l’approche est donc beaucoup plus progressive. La migration s’étale sur une année.

Le premier site à avoir basculé sur Adobe Commerce est lunettes-de-soleil.fr, une enseigne représentant environ 1 % du chiffre d’affaires.

Les prochains sites migrés seront Gliss Pro Shop, puis Monsieur Golf et enfin Glisshop, le navire amiral du groupe, qui représente près de 70 % du chiffre d’affaires.

Cette méthode permet de sécuriser le projet, de réduire les risques et d’apprendre progressivement avant de migrer les sites les plus stratégiques.

🤝 S’entourer, déléguer et embarquer l’entreprise

Le deuxième enseignement concerne la dimension humaine.

Frédéric Morel explique qu’un dirigeant doit savoir prendre de la hauteur, déléguer et s’entourer de personnes compétentes.

Selon lui, la performance actuelle du groupe repose largement sur la qualité des équipes et du comité de direction.

Le replatforming n’est pas seulement un sujet technique. C’est un projet d’entreprise.

En 2019, la plateforme avait été préparée dans un cercle trop restreint, avec peu d’implication des équipes. Résultat : elle avait été mal accueillie en interne.

Cette fois, Lafreto Outdoor a choisi d’impliquer les collaborateurs dès le départ, avec des utilisateurs clés dans chaque service.

🧭 La technologie comme outil, pas comme finalité

Le message principal de cette conférence est clair : la technologie ne suffit pas à elle seule à réussir une stratégie de croissance.

Chez Lafreto Outdoor, elle n’est ni un point de départ ni une finalité.

Elle est un outil au service d’une vision entrepreneuriale, d’une ambition internationale, d’une promesse client et d’une organisation capable de passer à l’échelle.

Le replatforming vers Adobe Commerce n’est donc pas un simple changement de solution.

C’est un levier structurant pour accompagner une nouvelle étape de développement.

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Conclusion : les principaux enseignements de Meet Magento France 2026

À travers ces interventions, plusieurs enseignements forts se dégagent.

🧭 1. L’e-commerce devient un sujet de direction générale

La technologie n’est plus un simple sujet d’outillage.

Elle conditionne la capacité de l’entreprise à croître, s’internationaliser, maîtriser ses coûts, sécuriser ses données, répondre aux nouveaux usages et rester visible dans les environnements IA.

Qu’il s’agisse de Lafreto Outdoor, Neut, Lexon, Palais des Thés ou Bergère de France, les projets e-commerce les plus réussis sont ceux qui sont connectés à une vision d’entreprise.

📦 2. La donnée produit devient un actif stratégique

Bergère de France, Neut, Adobe Commerce et ElasticSuite convergent vers le même constat : sans donnée structurée, l’e-commerce atteint rapidement ses limites.

La donnée produit alimente les fiches produits, les catalogues papier, les marketplaces, les moteurs de recherche internes, les assistants IA, les agents autonomes et les futures interfaces conversationnelles.

Elle doit donc être fiable, complète, gouvernée, contextualisée et exploitable.

🤖 3. L’IA passe de l’expérimentation à la production

Les interventions de Zadig & Voltaire, Sutunam, Adobe Commerce, Palais des Thés et ElasticSuite montrent que l’IA n’est plus seulement un sujet d’innovation ou de démonstration.

Elle entre dans la production, le développement, la relation client, la recherche produit, le pilotage e-commerce, la création de pages, la documentation projet, la sécurité et l’aide à la décision.

Mais les approches les plus matures ne cherchent pas à tout automatiser aveuglément. Elles construisent des copilotes, des garde-fous, des accès contrôlés et des usages ancrés dans des besoins métier réels.

🔎 4. Le search et le merchandising deviennent conversationnels

Le passage des mots-clés aux conversations transforme profondément la product discovery.

Les clients ne cherchent plus seulement “robe rouge” ou “chaussures homme”. Ils expriment des intentions plus complexes.

Demain, des agents IA pourront même formuler ces requêtes à leur place.

Les marchands doivent donc repenser leur manière d’exposer leur catalogue.

Il faudra être compréhensible par les humains, mais aussi par les moteurs génératifs et les agents IA.

💳 5. Le paiement devient une composante stratégique de l’expérience

Mollie et Stripe l’ont montré sous deux angles complémentaires.

D’un côté, la souveraineté européenne et la fragmentation des moyens de paiement obligent les marchands à adapter leurs infrastructures à chaque marché.

De l’autre, les drops internationaux de Lexon montrent que le paiement n’est pas seulement une étape de checkout. Il peut devenir un outil de sécurisation, de désirabilité, de gestion de stock, de lutte contre la fraude et de performance internationale.

🏬 6. L’omnicanalité ne consiste pas à tout fusionner

Palais des Thés, Lexon, Bergère de France, Neut et Lafreto Outdoor rappellent chacun à leur manière que le digital ne remplace pas nécessairement les canaux historiques.

Il les complète, les prolonge, les enrichit.

L’omnicanalité mature n’efface pas les différences entre les canaux. Elle clarifie leur rôle.

🤝 7. Les projets réussis sont progressifs, maîtrisés et humains

Lafreto Outdoor insiste sur l’importance d’éviter le Big Bang.

Neut montre que le temps de préparation de la donnée est souvent sous-estimé.

Bergère de France illustre la valeur d’un partenariat durable.

Zadig & Voltaire rappelle que les petites équipes peuvent avoir un impact majeur si elles sont bien outillées.

Derrière chaque projet technologique réussi, il y a donc une organisation, des équipes, des partenaires, une gouvernance et une capacité à embarquer l’entreprise.

La technologie accélère. Mais ce sont toujours les choix humains qui déterminent la réussite.


✨ En synthèse

Meet Magento France 2026 a montré un e-commerce en pleine recomposition.

Les sujets historiques- performance, conversion, catalogue, paiement, international, logistique- restent essentiels. Mais ils prennent une nouvelle dimension à l’heure de l’IA, des agents autonomes, du search conversationnel et de la souveraineté numérique.

Les marchands qui réussiront seront probablement ceux qui sauront combiner plusieurs exigences :

structurer leurs données, maîtriser leur infrastructure, adapter leurs moyens de paiement, rendre leur catalogue lisible par les humains et les agents IA, industrialiser sans perdre leur singularité, tester sans subir, automatiser sans abandonner le contrôle, et faire de la technologie un levier au service d’une vision claire.

L’e-commerce de demain ne sera pas seulement plus intelligent.

Il sera plus exigeant.

Et les entreprises les mieux préparées seront celles qui auront compris que la performance digitale ne se joue plus uniquement sur le site, mais dans l’ensemble de l’écosystème commerce : données, contenus, paiements, plateformes, équipes, partenaires, IA et expérience client.