Le 19 mai 2026, nous avons participé à DX Connections Paris, l’événement organisé par Contentsquare autour d’un enjeu devenu central pour toutes les équipes digitales : transformer les insights en décisions business concrètes.

Au programme : tendances du Digital Experience Benchmark 2026, activation de la data, intelligence artificielle, optimisation de la performance digitale, workshops pratiques et retours d’expérience de marques expertes.

Un après-midi riche en échanges, avec une conviction forte : la donnée n’a de valeur que lorsqu’elle permet d’agir plus vite, mieux et avec plus d’impact.

Article content

🤖 L’IA redéfinit déjà les parcours clients

L’un des messages les plus forts de l’événement est clair : l’intelligence artificielle transforme déjà les parcours clients.

Les chiffres partagés par Jean-Christophe Pitié, Chief Marketing Officer de Contentsquare, illustrent l’ampleur du mouvement :

  • 64 % des interactionspourraient passer par des agents IA et des answer engines d’ici 2029, selon IDC ;
  • le trafic référé par les IA conversationnelles a progressé de 623 %selon le Digital Experience Benchmark 2026 ;
  • ce trafic affiche une hausse de 55 % du taux de conversion;
  • le trafic issu des IA atteint un taux de conversion de 1,3 %, contre 0,7 % pour les réseaux sociaux.

Même si ces volumes restent encore minoritaires, l’évolution est déjà visible : les utilisateurs arrivent sur les sites avec des parcours plus fragmentés, plus informés et souvent mieux préparés après des recherches réalisées via ChatGPT, Claude, Gemini ou Copilot.

Cette transformation a aussi un impact direct sur l’acquisition. Avec les réponses générées directement dans les moteurs et assistants IA, le trafic organique peut diminuer, ce qui augmente mécaniquement la pression sur les coûts d’acquisition payants.

Autre enseignement clé : les visiteurs issus des LLMs semblent présenter une intention plus forte. Leurs parcours de décision sont plus rapides et leur trafic apparaît particulièrement qualifié.

Article content

🧠 Une nouvelle génération d’analyse de l’expérience client

Pour répondre à ces nouveaux usages, Clémence Varszegi, Senior Manager Customer Marketing chez Contentsquare, a présenté plusieurs évolutions de la plateforme visant à offrir une vision plus complète des parcours clients.

L’un des temps forts concernait Conversation Intelligence, une nouvelle solution capable d’analyser automatiquement les conversations chat et voix afin d’identifier :

  • les motifs de contact récurrents ;
  • les causes des problèmes remontés ;
  • les niveaux d’insatisfaction ;
  • les solutions de contournement utilisées par les clients ou les équipes support.

L’objectif : casser les silos entre les équipes e-commerce, support et produit pour détecter plus rapidement les frictions qui impactent la conversion et la satisfaction client.

Les démonstrations ont également montré comment l’IA peut désormais :

  • résumer automatiquement des session replays ;
  • générer des analyses prêtes à l’emploi ;
  • envoyer des insights automatisés par email ;
  • prioriser les problèmes selon leur impact business.

On passe progressivement d’une logique de reporting à une logique d’aide à la décision augmentée.

🔎 De nouveaux canaux à intégrer dans l’analyse

Contentsquare a également annoncé la prise en compte de deux nouveaux types de parcours :

  • l’analyse des interactions dans les applications intégrées à ChatGPT ;
  • le suivi du trafic référé depuis les LLMs et assistants conversationnels.

L’objectif est clair : fournir une vision plus complète des parcours utilisateurs, qu’ils passent par un moteur de recherche classique, un réseau social ou un assistant IA.

À mesure que les points d’entrée se multiplient, l’analyse de l’expérience digitale doit elle aussi évoluer.

📊 Vers une démocratisation de la donnée

Autre évolution importante : l’ouverture de la plateforme vers les écosystèmes data et IA des entreprises.

Grâce au protocole MCP et aux nouvelles capacités de Data Connect, les données Contentsquare peuvent désormais être utilisées directement dans des outils comme Claude, Copilot, Jira ou les Data Warehouses.

L’ambition est forte : rendre les insights accessibles au plus grand nombre, grâce aux requêtes en langage naturel et à des assistants IA capables d’automatiser une partie des analyses.

Cette évolution marque une étape importante dans la démocratisation de la data au sein des organisations.

💡 Trois convictions fortes à retenir

Trois convictions majeures ont émergé pendant l’événement :

  • tous les parcours digitaux seront bientôt assistés ou amplifiés par l’IA ;
  • les interactions évolueront progressivement vers des échanges “agent à agent” ;
  • les modèles prédictifs deviennent enfin capables d’anticiper les comportements utilisateurs de manière concrète.

Une transformation profonde est en cours. Elle confirme que les métiers du digital analytics et de l’expérience client entrent dans une nouvelle phase : plus automatisée, plus prédictive et plus orientée impact business.

Article content

🏢 Microsoft et l’émergence de l’entreprise “agentique”

Virginie Lagarde, de Microsoft, a ensuite partagé la vision de l’entreprise autour des “Frontier Firms” : des organisations pilotées par des humains, mais dans lesquelles une part croissante des workflows sera orchestrée par des agents IA.

Microsoft distingue trois étapes dans cette évolution :

  • des collaborateurs assistés par des copilots IA ;
  • des humains orchestrant plusieurs agents spécialisés sur des tâches précises ;
  • des agents capables d’automatiser des workflows complets et de collaborer entre eux.

Selon IDC, 1,3 milliard d’agents IA pourraient être déployés d’ici 2028.

Cette vision n’est plus seulement prospective : elle commence déjà à se matérialiser dans les organisations.

⚙️ Une transformation déjà visible dans les workflows

Microsoft observe déjà cette évolution chez plusieurs grands groupes.

Un exemple partagé pendant la session concernait l’automatisation de workflows marketing, notamment la vérification de conformité des contenus avant validation juridique.

Autre cas présenté : Estée Lauder, avec un agent baptisé Consumer IQ, capable d’identifier des tendances émergentes sur les réseaux sociaux, puis de recommander automatiquement les produits à mettre en avant selon les stocks et les signaux détectés.

Ces exemples montrent que l’IA agentique ne se limite pas à l’automatisation de tâches simples. Elle ouvre la voie à une nouvelle manière d’orchestrer les processus métiers.

🚧 Pourquoi beaucoup d’entreprises restent bloquées au stade du POC

L’étude Agent Readiness Framework de Microsoft montre toutefois que la majorité des entreprises peinent encore à industrialiser leurs initiatives IA.

Les principaux freins identifiés sont :

  • la difficulté à cartographier les processus métiers ;
  • les problèmes d’accès à la donnée ;
  • le manque de sponsoring exécutif ;
  • la difficulté à orchestrer plusieurs agents entre eux.

Aujourd’hui, seules 32 % des entreprises interrogées estiment pouvoir réellement scaler leurs initiatives agentiques.

Le sujet n’est donc pas uniquement technologique. Il est aussi organisationnel, culturel et stratégique.

🧩 Les 5 piliers des entreprises les plus avancées

Microsoft identifie cinq piliers communs aux entreprises les plus matures :

  • l’alignement entre stratégie IA et stratégie business ;
  • la cartographie des processus ;
  • des fondations technologiques et data solides ;
  • la culture et la montée en compétence des équipes ;
  • la sécurité et la gouvernance.

Les organisations les plus avancées, appelées Agentic Achievers, se distinguent notamment par :

• des KPI IA directement liés aux objectifs business ; • une approche plateforme pour orchestrer les agents ; • des solutions modulaires et interopérables ; • une forte acculturation des équipes ; • une approche Secure by Design.

Ces entreprises déclarent déployer leurs agents IA jusqu’à 2,5 fois plus rapidement que les autres.

Le message est clair : les organisations qui réussiront seront celles capables d’aligner stratégie, processus, données, gouvernance et transformation des métiers.

Article content

💎 Sense Analyst : accélérer les workflows analytics dans le luxe

Autre temps fort de l’événement : le retour d’expérience partagé par Vincent Bridier, Head of Digital Optimization chez un acteur du luxe, et Laure Piednoir, Strategic Success Manager chez Contentsquare, autour de Sense Analyst.

Sense Analyst est l’agent IA de Contentsquare conçu pour accélérer l’analyse digitale et la génération d’insights actionnables.

Les intervenants ont rappelé qu’une grande partie du travail analytics reposait encore récemment sur des tâches très manuelles :

• extraction de fichiers Excel ; • croisement des données trafic, engagement, ventes et conversion ; • production de reportings hebdomadaires à la main.

Aujourd’hui, une première couche d’analyse peut être déléguée à Sense Analyst, permettant aux équipes de gagner du temps sur la collecte des données, l’interprétation et la priorisation des insights.

✍️ Le prompting devient une compétence clé

L’un des messages les plus importants de cette session concernait le rôle du prompting.

Pour obtenir des résultats pertinents, les équipes ont insisté sur la nécessité de :

  • définir précisément les KPI ;
  • cadrer le contexte business ;
  • détailler les livrables attendus ;
  • fournir un maximum d’éléments de contexte.

Le reporting hebdomadaire a servi de premier terrain d’expérimentation pour construire des prompts réellement exploitables, reproductibles et automatisables.

En d’autres termes, la qualité de l’analyse dépend aussi de la qualité de la question posée.

🛠️ Des cas d’usage concrets et actionnables

Plusieurs cas d’usage ont été partagés pendant la session :

  • génération automatique de rapports hebdomadaires ;
  • analyses conversationnelles sur les temps forts commerciaux ;
  • analyse des pages gifting présentant un fort taux de rebond ;
  • automatisation des analyses de user journeys ;
  • classification des visiteurs selon leurs intentions.

L’objectif n’est pas uniquement de restituer des données, mais de formuler des recommandations concrètes et activables.

C’est là que l’IA prend tout son sens : non pas remplacer l’expertise humaine, mais accélérer l’accès aux bons insights pour permettre aux équipes de mieux décider.

🌱 Une adoption progressive et maîtrisée

L’adoption de Sense Analyst a d’abord été limitée à un petit groupe d’utilisateurs afin de :

  • tester l’outil ;
  • construire les premiers prompts ;
  • définir les bonnes pratiques ;
  • identifier les cas d’usage les plus pertinents.

Des guidelines de prompting et des templates par métier sont ensuite progressivement diffusés aux équipes.

Les intervenants ont aussi rappelé un point essentiel : il faut garder un esprit critique. Les hallucinations existent toujours, et les résultats doivent être challengés, affinés et utilisés dans une logique itérative.

Le vrai gain ne réside donc pas seulement dans le temps économisé. Il permet surtout aux équipes de creuser davantage certains sujets, d’améliorer la précision de leurs analyses et de prendre plus de recul.

Article content

🛒 Retail, IA et expérience client : les enseignements du benchmark Contentsquare 2026

Jade David, Responsable Customer Experience au sein du Groupement Les Mousquetaires, a partagé un retour d’expérience autour de l’utilisation de Contentsquare pour optimiser les parcours digitaux dans le retail équipement de la maison.

Lovisa de Mesnard, GTM Advisor chez Contentsquare, a étalement les enseignements du Digital Experience Benchmark 2026, basé sur :

  • 159 milliards de pages vues ;
  • 26 milliards de sessions ;
  • 71 pays ;
  • 10 sous-industries retail.

Un volume d’analyse considérable, qui permet d’identifier les grandes tendances du secteur.

📉 Moins de trafic, mais des parcours plus complexes

Premier constat : le trafic retail continue globalement de baisser, tandis que les coûts d’acquisition augmentent.

Dans plusieurs secteurs, plus de la moitié du trafic retail est désormais payant. Le paid social poursuit également sa forte progression.

En parallèle, le trafic issu des IA conversationnelles commence à émerger. Même s’il reste encore limité en volume, sa croissance est rapide et les équipes suivent de près les comportements des visiteurs provenant des LLMs et assistants IA.

Résultat : les parcours deviennent de plus en plus segmentés selon les sources d’acquisition.

🛍️ La fiche produit devient la nouvelle homepage

L’un des enseignements clés du benchmark concerne l’évolution des parcours utilisateurs.

La page produit prend une place de plus en plus centrale :

  • elle devient progressivement la nouvelle homepage ;
  • plus de 40 % des pages vues concernent désormais des fiches produits ;
  • ces pages restent pourtant une source importante de rebond.

Pour répondre à cette évolution, les équipes ont travaillé sur :

  • des dashboards personnalisés par métier ;
  • des analyses spécifiques par source de trafic ;
  • des parcours adaptés selon l’origine des visiteurs ;
  • des logiques de cross-sell plus visibles.

Un exemple cité concernait les visiteurs issus de Google Shopping, avec des fiches produits personnalisées afin de favoriser la navigation produit à produit et réduire le rebond.

⚠️ La frustration reste un enjeu majeur

Même si le retail réduit progressivement ses niveaux de friction, plusieurs problèmes restent très présents :

  • erreurs JavaScript ;
  • lenteurs ;
  • erreurs API.

Pour mieux les détecter, les équipes ont mis en place :

  • des alertes automatiques sur les KPI de frustration ;
  • des analyses des sorties de site ;
  • des session replays pour identifier rapidement les causes des problèmes.

Cette approche permet de détecter des anomalies parfois invisibles dans les KPI business classiques, notamment pendant les périodes commerciales fortes.

⚡ Sense comme accélérateur d’analyse pour les équipes retail

Autre sujet clé : l’utilisation quotidienne de Sense pour accélérer les analyses.

Les équipes s’appuient notamment sur :

  • des prompts personnalisés selon les métiers ;
  • des dashboards contextualisés ;
  • des analyses conversationnelles par segment ou source de trafic ;
  • des analyses de frustration et de parcours.

L’objectif est de rendre l’analyse plus accessible aux équipes acquisition, CRM, merchandising ou e-commerce, sans les noyer dans des dashboards complexes.

L’analytics devient ainsi plus opérationnel, plus contextualisé et plus directement relié aux décisions terrain.

🎯 Vers un retail plus personnalisé et plus orienté décision

Plusieurs tendances fortes ressortent de cette session :

  • les parcours deviennent plus complexes ;
  • les utilisateurs attendent des expériences plus personnalisées ;
  • la rétention et la fidélisation deviennent des leviers clés de performance ;
  • les outils analytics évoluent vers une logique d’aide à la décision.

L’un des messages les plus importants de l’événement est finalement celui-ci : l’analytics ne doit plus seulement expliquer ce qui s’est passé. Il doit aider les équipes à décider quoi faire ensuite.

🔥 Ce que nous retenons de DX Connections Paris 2026

DX Connections Paris 2026 confirme une transformation majeure des métiers du digital, de l’expérience client et de l’analytics.

L’IA ne se limite plus à un sujet d’innovation ou d’expérimentation. Elle devient progressivement un levier concret pour :

  • mieux comprendre les parcours clients ;
  • identifier plus rapidement les frictions ;
  • prioriser les actions selon leur impact business ;
  • démocratiser l’accès aux insights ;
  • automatiser une partie des workflows d’analyse ;
  • rapprocher la donnée de la décision.

La prochaine étape ne sera pas seulement de collecter plus de données. Elle sera de mieux les activer.

Et dans ce nouveau contexte, les entreprises les plus performantes seront sans doute celles qui sauront combiner data, IA, expertise métier et gouvernance pour transformer les insights en actions concrètes.