Le 20 janvier 2026, le traditionnel Back from NRF faisait son grand retour avec un format entièrement revisité. Nouvelle équipe d’organisation menée par la pétillante Ilana Mahrouch, nouveaux speakers, et une évolution vers un format afterwork, prolongé par un dîner VIP.

Une constante toutefois : la présence fidèle de Michel Koch, vétéran de la vente à distance, de l’e-commerce et du retail, toujours aussi passionné lorsqu’il s’agit de partager ses découvertes venues d’outre-Atlantique. Cette édition était co-animée en français et en anglais avec Ian Jindal de RetailX, expert britannique reconnu, apportant une lecture internationale et très concrète des tendances.

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L’événement a rassemblé plus de 70 participants à Wasquehal, au cœur de la métropole lilloise, dans le cadre inspirant de la Maison des Bienheureux : un manoir datant de 1925, ancien siège de La Redoute puis de Promod, aujourd’hui lieu hybride mêlant boutique-hôtel, bar à cocktails, cave à vin et salon de thé.

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📊 NRF 2026 : l’ampleur du rendez-vous

Avant d’entrer dans le fond, un rappel d’échelle s’impose. La NRF 2026, c’est 40 000 professionnels du retail et 6 000 marques représentées, avec une forte dimension internationale. Les profils présents couvrent l’ensemble de la chaîne de valeur : dirigeants, équipes opérationnelles, IT, digital, supply chain, merchandising.

Une diversité qui fait la richesse de l’événement… mais aussi sa densité : trois jours très intenses, qu’il faut préparer pour en tirer un maximum de valeur.

🌍 Marché & perspectives : croissance, mais sous tension

Les projections partagées restent positives : le e-commerce mondial vise 8 148 trillions de dollars en 2026, avec une trajectoire de croissance estimée autour de +4 % par an.

Mais la NRF rappelle aussi une réalité parfois sous-estimée : le magasin reste au cœur du réacteur. À l’échelle mondiale, 76 % des ventes sont encore réalisées en physique.

🧠 Tendances consommateurs : ce que disent les chiffres US

Plusieurs signaux forts ressortent côté États-Unis :

  • une croissance des dépenses pendant les fêtes d’environ +4 %
  • +18 % de transactions
  • une hausse du spending par visite

Les marketplaces continuent de tirer le marché (+22 %), portées notamment par TikTok Shop, utilisé par une part significative des 18–24 ans.

Côté paiement, le BNPL s’installe durablement : près de 45 % des 18–39 ans y ont recours, avec une croissance à deux chiffres. Et sans surprise, le mobile-first behavior devient la norme chez les jeunes générations.

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🌍 Facteurs macro : une consommation de plus en plus asymétrique

Au-delà du digital, plusieurs facteurs structurels pèsent sur la consommation.

Le concept de K-shaped economy illustre une fracture nette : une minorité de consommateurs concentre une part majeure des dépenses, notamment sur le luxe.

L’impact des GLP-1 (médicaments coupe-faim) est également évoqué, avec des effets déjà visibles sur le grocery, la restauration et certaines chaînes de fast-food.

Dans ce contexte émergent des comportements qualifiés de “doom spending” : des dépenses émotionnelles, liées à l’anxiété économique et à la saturation informationnelle.

Enfin, un risque est identifié comme un tsunami potentiel : l’évolution des prix de l’électricité aux États-Unis, susceptible de peser lourdement sur le pouvoir d’achat.

🗽 New York : quand le terrain rend tout cela très concret

Sur place, les contrastes sont frappants : vente libre de cannabis en plein Manhattan, vente à la sauvette de sacs de luxe, cohabitation permanente entre innovation, tensions économiques et créativité. New York reste un laboratoire à ciel ouvert.

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🔥 L’annonce majeure : Universal Commerce Protocol (UCP)

S’il ne fallait retenir qu’une annonce de la NRF 2026, ce serait celle-ci : l’Universal Commerce Protocol (UCP).

Présenté comme l’équivalent du HTTP du web des années 90, l’UCP est un protocole ouvert visant à standardiser la description des produits et des checkouts, afin de rendre le commerce lisible et actionnable par des agents IA.

Les partenaires annoncés sont majeurs : Google, Walmart, Carrefour, Shopify, Zalando. Et point clé : personne ne possède le protocole, il est développé collectivement.

Un exemple très concret : Monos (https://www.monos.com/). Grâce à des données produits conformes à l’UCP, la marque est sélectionnée par l’agent Google comme une option valide, sans achat média. La transaction reste opérée par Monos, qui conserve la relation client et la donnée transactionnelle.

🤖 Ce que l’UCP change concrètement

Demain, le parcours d’achat pourrait se structurer ainsi :

  • des marchands avec des profils machine-readables
  • des agents capables de comparer, négocier et choisir
  • un checkout structuré exécuté directement dans l’interface IA

Les premières intégrations sont annoncées opérationnelles dès mars 2026.

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🛠️ Les chantiers stratégiques à enclencher

Pour les retailers, le message est clair : l’UCP impose de poser dès maintenant les fondations (données fiables, conformité, stack technique), avant d’attaquer les chantiers relationnels et économiques du commerce agentique.

À court terme : fiabilisation des catalogues, prix et stocks en temps réel, alignement legal & compliance (GDPR, DMA, DSA), mise à niveau des stacks e-commerce. À moyen terme : réinvention du CRM et de la fidélité, industrialisation des agents CX, évolution des modèles économiques et anticipation des futures interfaces agentiques.

📈 Retail & IA : des résultats, mais une maturité encore limitée

L’IA montre déjà des résultats positifs sur la recherche produit, la personnalisation et la segmentation client. Pour autant, peu de retailers disposent aujourd’hui d’une stratégie IA réellement structurée, laissant entrevoir un fort potentiel… mais aussi un retard à combler.

🧱 Frictionless vs vol : un équilibre fragile

Multiplier les dispositifs anti-vol réduit la démarque, mais fait aussi baisser la propension à acheter. Un arbitrage de plus en plus sensible pour les enseignes.

📺 Retail Media : quand la supply chain devient un levier média

Le retail media in-store apparaît comme un levier encore largement sous-monétisé. L’exploitation de la data supply chain (stocks, disponibilité, délais) permet de sécuriser les campagnes, d’améliorer le ciblage et de générer des revenus additionnels significatifs.

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⚡Startups : l’IA appliquée, très concrète

Le Tech Innovation Tour a mis en avant plusieurs solutions particulièrement opérationnelles :

  • Envive – agents IA brand-safe avec LLM dédiés par retailer 👉 https://www.envive.ai/
  • Ethosphere – analyse des conversations vendeurs pour former et coacher les équipes terrain 👉 https://ethosphere.ai/
  • Lumi AI – optimisation des MOQ et révélation de millions de dollars de demande non servie 👉 https://www.lumi-ai.com/
  • Paper Weight AI – capteurs papier pour le suivi rayon, restock prédictif et pricing dynamique 👉 https://www.paperweight.ai/
  • Pipe17 – orchestration omnicanale des commandes et synchronisation temps réel des stocks 👉 https://pipe17.com/ai/
  • ReFiBuy – préparation et optimisation des catalogues produits pour les agents GenAI et l’UCP 👉 https://www.refibuy.ai/
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🏬 Store tours : New York comme laboratoire sensoriel

Enfin, les store tours confirment que le retail se vit de plus en plus comme une expérience :

⚠️ À retenir

Un point a frappé par son absence : pas un mot sur la sustainability pendant toute la NRF 2026. Un silence d’autant plus marquant au regard de la place importante du sujet en Europe.

🙏 Un immense merci aux deux conférenciers, Michel Koch et Ian Jindal, aux sponsors WAIR (représenté par Mitch van Deursen), Deloitte (représenté par Julien Vigneau), Zipline (représenté par Anthony Gavin ), pour cette soirée exceptionnelle ainsi qu’à la fabuleuse Ilana Mahrouch pour une organisation impeccable.

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