Fort du succès de la précédente édition organisée à Lille, marquée notamment par les témoignages de Tikamoon et d’Avril Cosmétique Bio (compte-rendu ici), le Café 1 % faisait son grand retour dans le cadre exceptionnel de la salle des séances de la CCI. Cette nouvelle rencontre, placée sous le signe de l’engagement, du partage d’expériences et de l’action concrète, a une nouvelle fois illustré la volonté de faire de l’entreprise un acteur à part entière de la préservation du vivant.
Le Café 1 % a pour objectif de rassembler les associations, les entreprises et les partenaires du collectif 1% for the Planet France , afin de favoriser les échanges, faire émerger de nouvelles synergies et renforcer les dynamiques d’engagement sur les territoires.
Chez Optimal Ways , nous étions ravis de contribuer à l’organisation de cet événement grâce à l’engagement de Marie Malo et Nicolas Malo, aux côtés d’Amandine Planchon d’Avril Cosmétique, en tant que Planet Pilots des Hauts-de-France. Un rôle qui consiste à représenter le collectif 1 % for the Planet sur le territoire et à faire grandir une dynamique locale engagée.
REV3 : accompagner les entreprises des Hauts-de-France dans les transitions
Didier COUSIN, Vice-Président Transitions REV3 de la CCI Hauts-de-France, a ouvert la rencontre en accueillant près d’une centaine de participants, représentants des associations et entreprises engagées du territoire.
Il a rappelé l’engagement de la CCI dans la dynamique REV3 – la Troisième Révolution Industrielle, lancée dès 2012-2013 pour accompagner la transformation durable de l’économie régionale en fédérant acteurs publics et privés.
Aujourd’hui, cette démarche se traduit par des actions très concrètes pour accompagner les entreprises autour de plusieurs enjeux clés : décarbonation, transition énergétique, gestion de l’eau et innovation durable.
Dans une région historiquement industrielle comme les Hauts-de-France, l’objectif est clair : aider les entreprises à relever les défis climatiques, réglementaires et financiers liés à leur transition.
Autre initiative phare : REV3LAB, un programme d’accélération lancé en 2017 pour soutenir les startups innovantes dans des domaines comme l’économie circulaire ou l’énergie. Depuis sa création, près de 300 entreprises ont déjà été accompagnées, grâce à un réseau de 17 territoires partenaires.
Pour continuer à faire vivre cette dynamique, la CCI Hauts-de-France réunira le 22 juin prochain la communauté REV3LAB afin de favoriser les rencontres, partager les expériences et faire émerger de nouvelles collaborations au service des transitions.
1 % for the Planet : mobiliser les entreprises pour financer l’action environnementale
Antoine Leguin , Business Development & Account Manager chez 1 % for the Planet France, a ensuite présenté le fonctionnement et l’impact du collectif.
L’initiative trouve son origine en 2002, lorsque Yvon Chouinard, fondateur de Patagonia, décide de créer un modèle simple et puissant : inciter les entreprises à reverser 1 % de leur chiffre d’affaires à des associations environnementales.
Cette vision s’inscrit dans une histoire d’engagement ancienne. Dès les années 1970, Patagonia soutenait déjà des causes environnementales. En 2022, Yvon Chouinard a franchi une étape supplémentaire en transférant 100 % du capital de l’entreprise à une structure dédiée au financement de la protection de la planète.
Faciliter le financement des associations environnementales
La mission de 1 % for the Planet est claire : faciliter la mise en relation entre entreprises engagées et associations environnementales.
Aujourd’hui, les associations consacrent près de 40 % de leur temps à la recherche de financements. Le collectif permet de réduire ce temps et d’orienter davantage de ressources vers l’action environnementale.
Un collectif international en pleine croissance
Depuis sa création, le mouvement a permis de redistribuer plus de 800 millions de dollars à des projets environnementaux dans le monde.
La France est aujourd’hui le deuxième pays contributeur du réseau international, avec :
- 900 entreprises membres
- plus de 90 millions d’euros collectés
- plus de 750 associations agréées
Le collectif rassemble une grande diversité d’acteurs. Contrairement aux idées reçues, 80 % des entreprises membres sont des PME.
Un modèle simple et flexible
Les entreprises membres s’engagent à reverser 1 % de leur chiffre d’affaires annuel à des associations environnementales agréées.
Elles peuvent soutenir les projets :
- par des dons financiers
- par du mécénat de compétences (temps ou expertise des collaborateurs)
L’entreprise choisit directement les associations qu’elle souhaite soutenir, ce qui permet de créer des relations durables entre acteurs économiques et associations de terrain.
Un engagement qui mobilise tout un écosystème
Au-delà du financement, 1 % for the Planet anime une véritable communauté d’entreprises, d’associations et de partenaires à travers des événements et des initiatives collectives.
L’objectif est clair : rassembler toujours plus d’acteurs pour amplifier l’impact en faveur de la protection de l’environnement.
Alaskan Maker : entreprendre avec pragmatisme et engagement
Baptiste Vandenberghe , cofondateur d’Alaskan MAKER, est venu partager un retour d’expérience entrepreneurial à la fois authentique, concret et inspirant.
L’aventure démarre en 2017, dans un garage, avec sa femme Céline. Leur première idée : revisiter un objet du quotidien souvent relégué au fond du placard… le tablier.
L’objectif est simple : créer un tablier robuste, durable et stylé, dont on est fier de le porter, que ce soit pour cuisiner, bricoler ou faire un barbecue entre amis. Un objet qui incarne l’esprit maker : la fierté de faire soi-même.
Le pari est audacieux. À l’époque, un tablier vaut généralement une vingtaine d’euros. Alaskan Maker en propose un à 80 €, avec des matériaux durables comme le coton waxé et le cuir.
Pour financer la première production, les fondateurs lancent une campagne de financement participatif. Résultat : 50 000 € de précommandes en seulement trois semaines. L’aventure Alaskan Maker est lancée.
Depuis, l’entreprise a connu une croissance rapide. Partie d’un garage, la marque est aujourd’hui distribuée dans plus de 1 000 points de vente dans le monde, notamment chez Nature & Découvertes, Le Garde-Manger ou de nombreux revendeurs indépendants.
Alaskan Maker compte aujourd’hui entre 14 et 25 collaborateurs selon la saison et a progressivement élargi son univers : maroquinerie, accessoires outdoor, objets de convivialité… dont les célèbres verres topographiques, soufflés à la bouche et reproduisant les reliefs de montagnes.
Au cœur du projet, une vraie culture maker : faire, tester, construire, apprendre et avancer avec agilité. L’entreprise est très intégrée : logistique, marketing, e-commerce… beaucoup de choses sont réalisées en interne, avec une philosophie simple : plaisir et performance.
« On veut travailler avec des gens avec qui on s’éclate. Et on s’est rendu compte que la performance vient avec le plaisir. »
Côté engagement environnemental, Alaskan Maker revendique une approche lucide et pragmatique. L’entreprise ne se positionne pas sur un discours simpliste autour du “tout made in France”, considérant que produire localement ne garantit pas automatiquement un impact environnemental réduit.
Le choix est ailleurs : concevoir des produits faits pour durer et améliorer concrètement les pratiques du quotidien.
Cela passe par exemple par :
- zéro plastique dans les emballages
- réutilisation systématique des cartons fournisseurs
- optimisation logistique pour limiter les déchets
Depuis 2021, Alaskan Maker est également membre de 1 % for the Planet. L’entreprise soutient aujourd’hui Wings of the Ocean, une association engagée dans la dépollution des littoraux, notamment dans le bassin d’Arcachon.
Un engagement fidèle à leur philosophie : soutenir des actions concrètes et utiles, menées par des organisations dont c’est le métier.
Une intervention rafraîchissante, qui rappelle qu’il est possible de faire grandir une entreprise, rester fidèle à ses valeurs et s’engager pour l’environnement de manière simple, sincère et pragmatique.
Quand communication, engagement et impact se rencontrent
Lola Pothet (Place de la Communication), Anne FOVET – Networkcoeur et Domitille Widmaier (LA BOUQUINERIE DU SART) Lola Pothet (Place de la Communication), Anne Fovet (Networkcoeur) et Domitille Widmaier (Bouquinerie du Sart) ont partagé un exemple très inspirant de collaboration entre un réseau de professionnels et une association engagée.
Place de la Communication, c’est le premier réseau des professionnels de la communication et du marketing dans les Hauts-de-France. Avec plus de 500 membres et une soixantaine d’événements par an, l’association rassemble agences, indépendants, entreprises, institutions et écoles autour d’un objectif commun : faire progresser les pratiques et favoriser les collaborations.
Depuis 2022, l’association a structuré sa démarche RSE et a choisi de rejoindre 1 % for the Planet.
Chaque année, les membres votent en assemblée générale pour choisir l’association qui bénéficiera du don correspondant à 1 % du budget. Mais l’ambition ne s’arrête pas là : il s’agit aussi de mobiliser les compétences du réseau au service des associations.
C’est ainsi que la Bouquinerie du Sart est devenue l’association partenaire.
Cette structure lilloise agit à la croisée de l’impact social et environnemental : 📚 collecte de livres ♻️ recyclage et économie circulaire 🤝 insertion professionnelle de personnes ayant connu la rue ou l’hébergement d’urgence
Le principe est simple et puissant : donner une seconde vie aux livres… et aux personnes.
Pour accompagner les 10 ans de la Bouquinerie du Sart, une vingtaine de communicants bénévoles de Place de la Communication se sont réunis lors d’un atelier collaboratif pour imaginer des idées de communication et de visibilité.
Objectif : aider l’association à mieux raconter son impact et toucher de nouveaux publics.
Résultat : des échanges riches, des idées créatives et une vraie dynamique collective. Parmi les pistes évoquées : mobiliser la communauté existante, valoriser davantage les témoignages ou encore imaginer des opérations visibles pour sensibiliser le grand public.
Au fond, ce partenariat montre une chose essentielle : les réseaux professionnels peuvent être de puissants catalyseurs d’impact lorsqu’ils mettent leurs compétences au service de causes utiles.
Comme le résume très bien l’équipe de la Bouquinerie du Sart : « On vient souvent pour le prix… et on revient pour la solidarité. »
Une belle illustration de ce que peuvent produire l’intelligence collective, l’engagement et la collaboration entre acteurs du territoire.
Quand le mécénat devient une expérience collective
Et c’est exactement ce qu’ont illustré, lors du Café 1 % Lille, Nicolas Malo, CEO d’Optimal Ways, et Ludivine Carpentier, directrice exécutive de Choisis ta Planète.
Chez Optimal Ways, l’engagement RSE s’est construit progressivement, avec une volonté forte : faire converger convictions personnelles et projet d’entreprise.
Il faut dire que l’agence accompagne au quotidien les entreprises dans un domaine très concret : le digital analytics. Son métier consiste à aider les organisations à mieux comprendre les parcours digitaux de leurs utilisateurs, à mieux exploiter leurs données, à mesurer la performance de leurs sites Internet et à prendre de meilleures décisions grâce à la data. Concrètement, Optimal Ways intervient sur des sujets comme la collecte de données, la qualité du tracking, l’analyse des comportements, les reportings, les tableaux de bord, la formation ou encore l’amélioration continue de la performance digitale.
Un univers qui peut sembler très technique, mais dans lequel l’équipe cherche aussi à porter une vision plus responsable : sensibiliser ses clients aux enjeux de durabilité et d’accessibilité, et faire en sorte que la performance ne soit pas pensée uniquement sous un angle business, mais aussi avec une approche plus globale et plus durable.
C’est dans cette logique qu’Optimal Ways a rejoint 1 % for the Planet. Mais très vite, l’idée n’a pas été seulement de contribuer financièrement. L’enjeu était aussi de comprendre concrètement l’impact du soutien, de créer du lien avec les associations accompagnées et de faire vivre cet engagement au sein de l’équipe.
C’est dans cet esprit qu’est né le partenariat avec Choisis ta Planète.
L’association mène un travail remarquable de sensibilisation des jeunes aux enjeux environnementaux et sociétaux, à travers des courts-métrages engagés et un programme éducatif annuel qui accompagne les élèves dans la mise en place de projets concrets. L’objectif n’est pas d’alarmer, mais au contraire de donner envie d’agir, de faire émerger des idées, de mettre les enfants en mouvement.
Et c’est là que le partenariat prend toute sa force.
Chez Optimal Ways, ce soutien n’est pas resté abstrait. Les collaborateurs ont pu découvrir les projets portés par les classes, participer à leur évaluation en tant que jurés, et voir très concrètement ce que permettait ce mécénat. Des projets simples, utiles, créatifs, portés par les élèves eux-mêmes, avec une énergie communicative.
Ce type d’expérience change la perception de l’engagement. Parce qu’on ne parle plus seulement d’un don. On parle de projets visibles, de rencontres, de jeunes qui s’engagent, et d’une équipe qui comprend pleinement le sens de ce qu’elle soutient.
C’est sans doute ce qui ressort le plus de ce témoignage : quand une entreprise choisit de s’engager, elle peut aussi en faire une aventure collective, capable de fédérer les équipes, de créer du lien et de donner une dimension très concrète à sa démarche RSE.
Un beau rappel que l’engagement prend encore plus de valeur lorsqu’il est partagé, vécu et incarné.
Planter des arbres, créer du lien, agir concrètement pour le territoire
thierry luisin , cofondateur de l’association Planteurs Volontaires, a présenté l’impact de cette initiative qui mobilise citoyens, entreprises et agriculteurs autour d’un objectif simple : planter des haies et des arbres pour restaurer les écosystèmes locaux.
Quelques chiffres illustrent l’ampleur de cette mobilisation dans les Hauts-de-France :
🌱 341 637 arbres et arbustes plantés 👥 13 776 personnes mobilisées sur les chantiers 🌿 160 kilomètres de haies champêtres replantées
Mais au-delà des chiffres, Thierry Luisin a rappelé que ces plantations créent avant tout des rencontres et des expériences collectives.
Participer à un chantier de plantation, c’est souvent un moment privilégié d’échange avec les agriculteurs, une occasion rare de découvrir leur métier et de mieux comprendre les enjeux agricoles et environnementaux.
Ces journées sont aussi l’occasion de se reconnecter au territoire et à la nature, de partager un moment convivial en plein air et d’agir concrètement pour la biodiversité.
Les haies plantées jouent un rôle essentiel : elles favorisent la biodiversité, protègent les sols, améliorent la gestion de l’eau et participent à l’adaptation des territoires face aux changements climatiques.
Pour l’association, ces projets reposent sur une collaboration étroite entre entreprises partenaires, agriculteurs et citoyens, chacun contribuant à sa manière à la réussite des plantations.
Comme l’a rappelé Thierry Luisin, derrière chaque arbre planté, il y a aussi un engagement collectif et un projet de long terme pour le territoire.
Une belle illustration d’une transition écologique concrète, collective et ancrée localement.
CEC : accompagner les entreprises vers une économie qui prend soin du vivant
La matinée du Café 1 % Lille s’est conclue par un témoignage autour de la Convention des Entreprises pour le Climat (CEC), présenté par Olivia Bertout, membre de l’équipe impliquée dans l’animation du parcours dans les Hauts-de-France.
La CEC est une association d’intérêt général née d’une conviction forte : 👉 rendre irrésistible la bascule d’une économie extractive vers une économie régénérative d’ici 2030.
L’ambition est claire : accompagner les dirigeants d’entreprises à repenser leur modèle d’affaires, pour que la création de valeur économique soit compatible avec la préservation du vivant — à la fois sur le plan environnemental et social.
Depuis sa création, la dynamique a pris de l’ampleur : 🌍 plus de 700 entreprises engagées au niveau national 🤝 des centaines d’organisations ayant déjà suivi un parcours CEC ou des déclinaisons sectorielles (territoriales, agriculture, santé…)
Ces parcours permettent aux dirigeants de prendre du recul sur leur stratégie, d’échanger avec leurs pairs et d’explorer des trajectoires concrètes de transformation.
Car dans un contexte marqué par les tensions géopolitiques, climatiques et économiques, les entreprises ont un rôle clé à jouer pour imaginer et construire des modèles économiques compatibles avec les limites planétaires.
Dans les Hauts-de-France, une nouvelle étape s’ouvre : 📅 un second parcours CEC sera lancé en juin, pour une durée d’environ 10 mois.
L’objectif : rassembler une quarantaine d’organisations du territoire prêtes à engager cette réflexion stratégique et collective.
Au-delà des outils et des méthodes, la CEC repose sur une conviction simple : 👉 les dirigeants d’entreprises ont un pouvoir d’action considérable pour accélérer la transition.
Un message inspirant pour conclure cette matinée dédiée à l’engagement des entreprises au service du vivant.




